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International | Samedi 10 mai 2008 | 11:05Tunisie: deux journalistes opposants arrêtent leur grève de la faim |
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THE ASSOCIATED PRESS
TUNIS - Les deux journalistes tunisiens qui observaient une grève de la faim depuis deux semaines pour protester contre les entraves faites à leur publication et défendre la liberté de presse en Tunisie ont annoncé samedi l'arrêt de leur mouvement.Lors d'une conférence de presse, le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Al Mawkef, organe du parti démocratique progressiste (PDP, formation de l'opposition légale en Tunisie), Rachid Khéchana et le directeur de la rédaction, Mongi Ellouze, ont motivé leur décision par "le succès" qui a couronné leur action.
Selon la dirigeante du PDP Maya Jribi, la grève "a atteint ses objectifs". Elle a relevé avec satisfaction "le retour presque à la normale" de la distribution de l'hebdomadaire au cours des deux dernières semaines, en se félicitant de l'impact médiatique de cette grève aussi bien en Tunisie qu'à l'étranger.
Les responsables d'Al Mawkef se plaignaient des "saisies déguisées" dont leur publication a fait l'objet depuis près de deux mois et qui la menaçaient de disparition, d'autant qu'elle est privée de subventions et de publicités publiques.
Les autorités ont, de leur côté, constamment nié ces accusations, assurant que les journaux de l'opposition sont distribués "en toute liberté".
Les deux grévistes ont déclaré que leur décision avait été prise à la suite des "bons offices" d'importantes personnalités de la société civile, dont la présidente de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), Souhayr Belhassen, présente à Tunis, le président du syndicat des journalistes tunisiens (SNJT), Néji Boughouri et l'ancien bâtonnier, Abdssattar Ben Moussa.
Ils ont néanmoins insisté sur leur détermination à "poursuivre la lutte par tous les moyens pacifiques" pour défendre l'existence de leur journal.
Parmi les dossiers encore en suspens: une affaire en justice engagée contre les dirigeants de l'hebdomadaire par cinq sociétés de commercialisation d'huile végétale. S'estimant lésés par un article d'Al Mawkef mettant en question la qualité de cette huile, les plaignants réclament un dédommagement de quelque 270.000 euros.
Le procès qui s'est ouvert samedi devant le tribunal de première instance de Tunis, en présence d'un représentant du SNJT et de diplomates américain et finlandais, a été reporté au 31 mai à la demande de la défense.
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