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Tournée internationale d'Obama en quête de crédibilité diplomatique auprès des Américains

International | Samedi 19 jui 2008 | 11:26

Tournée internationale d'Obama en quête de crédibilité diplomatique auprès des Américains

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Par Dave Espo, ASSOCIATED PRESS

WASHINGTON - Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Barack Obama, a entamé samedi à Kaboul sa première tournée majeure à l'étranger, qui l'emmènera également au Proche-Orient et dans plusieurs pays européens, dont la France. Une tentative de s'affirmer dans la cour des grands pour celui qui prône une rupture avec la diplomatie de George W. Bush et un retrait rapide des troupes américaines d'Irak.

Alors que M. Obama devance son adversaire républicain John McCain dans plusieurs sondages, il semble avoir un souci de crédibilité face à l'ancien prisonnier de guerre au Vietnam. «La politique étrangère est un des secteurs où (les électeurs) ont des doutes», note Lee Hamilton, président du Centre d'études internationales Woodrow-Wilson. Avec cette tournée, «les enjeux sont très élevés pour Obama».


M. Obama, arrivé samedi en Afghanistan et qui pourrait aussi se rendre en Irak, enchaînera au Proche-Orient avec la Jordanie, Israël et la Cisjordanie, puis prendra la direction de l'Europe pour se rendre en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne.


Si ces déplacements offrent au candidat la possibilité de se rendre davantage «présidentiable» aux yeux des électeurs américains, qui doivent choisir le successeur du très impopulaire M. Bush le 4 novembre prochain, ils seront également semés d'embûches.


«Critiquer la politique étrangère à Washington, c'est une chose. La critiquer à Berlin, s'en est une autre, avertit M. Hamilton. Les caciques républicains auront les yeux rivés sur M. Obama et ne manqueront pas de se jeter sur le moindre écart.»


Leur champion, devancé dans la plupart des enquêtes, est effectivement jugé plus crédible sur les affaires internationales. Un récent sondage réalisé pour le Washington Post et ABC montre que 72% des électeurs estiment que M. McCain connaît assez la scène internationale pour être président, alors que ce chiffre est de 54% pour M. Obama. Les deux adversaires étaient à égalité concernant leur capacité à gérer le processus de paix entre Israël et Palestiniens ou la guerre en Irak.


Essayant d'obtenir les faveurs de l'électorat juif, Barack Obama sera très attendu en Israël, où il arrivera mardi. Les responsables palestiniens ont cependant assuré qu'il se rendrait également en Cisjordanie mercredi. Ce que n'avait pas fait John McCain en mars dernier.


M. Obama avait créé la polémique le mois dernier en déclarant devant un organisation juive américaine qu'il soutenait une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, mais que Jérusalem devait rester la capitale de l'Etat hébreu -sans être divisée. Autrement dit, que les Palestiniens devraient se choisir une autre ville. Ces derniers avaient alors vivement protesté: «Nous n'accepterons pas un État palestinien sans avoir Jérusalem comme capitale», avait martelé le président Mahmoud Abbas.


Ce qui a provoqué un rétropédalage de M. Obama: «Évidemment, il reviendra aux parties de négocier toute une série de ces sujets. Et Jérusalem fera partie de ces négociations», a-t-il déclaré sur CNN, tout en s'expliquant: «en pratique, il serait très difficile de mettre en oeuvre une division de la ville».


En Europe, où le démocrate est plutôt bien perçu dans les opinions publiques, M. Obama se rendra à Berlin jeudi, à Paris vendredi et à Londres samedi, où il rencontrera la chancelière Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy. Une éventuelle rencontre avec le Premier ministre Gordon Brown n'était pas confirmée.


Mais alors que les arrêts européens ne présentaient a priori aucun piège, la controverse a tout de même précédé M. Obama à Berlin, où il souhaitait prononcer un discours devant la Porte de Brandebourg. Mme Merkel s'est montrée peu enthousiaste à cette idée, faisant savoir par son porte-parole qu'elle n'avait qu'une «compréhension limitée quant à l'utilisation de la Porte de Brandebourg comme décor de campagne électorale».


Diplomate, le porte-parole de M. Obama Bill Burton a fait savoir que le sénateur de l'Illinois a «envisagé plusieurs sites pour un éventuel discours, et il en choisira un qui paraîtra le plus logique à lui comme à ses hôtes allemands».


Construit en 1791, le monument est resté à l'est du Mur de Berlin 28 ans durant et fait aujourd'hui figure de symbole de l'Allemagne réunifiée.

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