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International | Lundi 18 aoû 2008 | 14:30Toujours pas de signe d'un retrait russe de Géorgie |
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Par Mike Eckel, THE ASSOCIATED PRESS
GORI, Géorgie - Le numéro deux de l'état-major russe a beau avoir affirmé lundi que les forces russes avaient bien commencé leur retrait des zones de conflit en Géorgie, rien ne venait le confirmer sur le terrain. A Gori, coeur stratégique de la guerre, on n'en voyait aucun signe, alors que le président russe poursuivait dans la réthorique guerrière et décorait des soldats ayant combattu dans ce conflit.Après avoir signé l'accord préliminaire de cessez-le-feu samedi, le président russe Dimitri Medvedev avait pourtant promis dimanche, lors d'un entretien téléphonique avec le président français Nicolas Sarkozy, que ce retrait très attendu débuterait lundi.
Et à Moscou, le général Anatoli Nogovitsine déclarait au cours de son briefing qu'"aujourd'hui, en vertu du plan de paix, le retrait des soldats de la paix russes et des renforts a commencé", assurant que, oui, les forces russes quittaient Gori.
Sur place, au contraire, elles semblaient consolider leurs positions. Le seul mouvement de troupes constaté par les journalistes de l'Associated Press était en sens inverse: dans l'après-midi, quatre véhicules blindés transportant chacun une quinzaine d'hommes, quittait Gori pour prendre position à Igoeti, autre ville-carrefour plus à l'est, encore plus proche de Tbilissi, la capitale. Dépassant des soldats géorgiens assis sur le bord de la route, les Russes se sont enfoncés dans une route secondaire.
Les chars russes circulaient toujours sur les routes autour de la ville, dont l'accès était toujours restreint et les magasins fermés. Des centaines de personnes se bousculaient devant l'hôtel de ville pour y récupérer des provisions distribuées par la municipalité.
En Ossétie du Sud, les Russes étaient à Kikhvi, village à majorité géorgienne, où dimanche, plusieurs jours après la fin des combats, des maisons brûlaient toujours. Selon l'agence RIA-Novosti, quelques véhicules auraient en revanche quitté Tskhinvali, la capitale, pour la Russie. Et le dirigeant de la province séparatiste, Edouard Kokoity, aurait demandé à Moscou d'y établir une base permanente.
Selon le général Nogovitsine, les Russes se replient vers l'Ossétie du Sud et la zone de sécurité définie en 1999 par la "commission de contrôle conjointe" officiellement aux commandes de la province séparatiste depuis qu'elle a claqué la porte de la Géorgie. Sans pouvoir clarifier dans l'immédiat ce qu'il entendait par cette zone de sécurité, il a cependant ajouté que "des soldats ne devraient pas être sur le territoire géorgien".
A l'heure où le retrait russe se fait attendre, les Occidentaux se retrouvent pour réévaluer leur relation avec Moscou. Une réunion d'urgence de l'OTAN devait se tenir mardi à Bruxelles, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice ayant repris le chemin de l'Europe pour des consultations avec les alliés de Washington, à l'OTAN mais aussi à l'Union européenne.
Mais le président russe, lui, ne baisse pas la garde. Il est venu sur une base militaire à Vladikavkaz (Ossétie du Nord), tout près de la frontière de l'Ossétie du Sud, décorer une trentaine de soldats impliqués dans le conflit géorgien. "Cela ne fait que dix jours que vous avez fait face à une lâche agression. Vous avez arrêté une opération de grande ampleur. Merci de vous être dressés sur le chemin de ceux qui amenaient destruction et mort à la population de la république", a-t-il lancé.
"Je suis sûr qu'une opération de maintien de la paix, si bien menée et efficace, destinée à protéger nos citoyens et d'autres gens, figurera parmi les plus hauts faits d'armes de l'armée russe", a-t-il ajouté.
Auparavant, s'exprimant à la télévision, il s'était fait menaçant: "Nous ne permettrons jamais" que "des citoyens, des soldats et des officiers qui sont des forces de paix soient tués en toute impunité". "Quiconque tentera de faire cela devra faire face à une riposte écrasante. Nous en avons la force et les moyens, économiques, politiques et militaires", a-t-il tonné, qualifiant les autorités géorgiennes de "monstres politiques prêts à tuer des innocents (...) et qui ont compensé leur stupidité en éliminant toute une nation". Ce qu'elles ont fait "ne peut être compris ni laissé impuni", a-t-il conclu.
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