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Torture en Syrie: un rapport blâme en partie le gouvernement canadien

National | Mardi 21 oct 2008 | 20:51

Torture en Syrie: un rapport blâme en partie le gouvernement canadien

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Par Jim Brown, LA PRESSE CANADIENNE

OTTAWA - Une enquête fédérale conclut que des représentants du Canada ont contribué indirectement à la torture de trois Canadiens d'origine arabe dans une prison syrienne.

Dans un rapport rendu public mardi, l'ancien juge à la Cour suprême Frank Iacobucci dit que des représentants canadiens ont fourni des informations non corroborées au sujet des trois hommes à des services de renseignement et de police étrangers, informations qui ont été utilisées par les autorités syriennes pour interroger Abdullah Almalki, Ahmad El Maati et Muayyed Nureddin à propos de leurs supposés liens avec le terrorisme.

L'enquête conclut également que deux des trois hommes n'ont pas reçu d'assistance consulaire adéquate de la part des diplomates canadiens.

Mais le juge ajoute que rien n'indique que des membres de la Gendarmerie royale du Canada, du Service canadien du renseignement de sécurité et du ministère des Affaires étrangères aient agi avec malveillance.

Néanmoins, il en vient à la conclusion que les actions de ces représentants canadiens, prises dans leur ensemble, ont présenté des "lacunes institutionnelles" en diverses occasions.

Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a déclaré que les dirigeants de la GRC, du SCRS et des Affaires étrangères l'ont assuré que ces lacunes avaient été comblées et que le même type de situation ne pourrait se reproduire, même indirectement.

Les trois hommes victimes de torture se sont dits heureux du rapport, mardi, mais ils soutiennent que le gouvernement doit assumer ses responsabilité, et qu'il leur doit des excuses pour l'atteinte à leur réputation, notamment.

Il affirment avoir été considérés à tort comme des terroristes par la GRC et le SCRS. Ils ont par la suite été arrêtés en Syrie, alors qu'ils y étaient en voyage, pour être emprisonnés, torturés et finalement relâchés sans qu'aucune accusation soit portée contre eux. Dans le cas de M. El Maati, les mauvais traitements s'étaient prolongés après son transfert en Egypte.

Les trois hommes, qui nient tout lien avec le terrorisme, ont longtemps accusé le gouvernement fédéral d'avoir fourni aux autorités syriennes des informations sur leurs déplacements, que ce soit directement ou par l'intermédiaire d'un allié comme les Etats-Unis, d'avoir fait fi du risque de torture et d'avoir produit des listes de questions pour leurs interrogatoires par les geôliers syriens.

La manière dont les conclusions de la commission ont été rendues publiques a suscité des protestations. L'enquête, qui a duré 22 mois, s'est déroulée en secret, et le gouvernement a gardé le rapport sous le boisseau jusqu'à la dernière heure. Des sources proches de la commission d'enquête disent que le juge lui-même a protesté contre la publication à la va-vite du rapport, et le fait que les parties intéressées n'en aient été avisées qu'à la toute dernière minute.

Alex Neve, de la branche canadienne d'Amnistie internationale, a déploré "le secret et le manque de transparence" ayant entouré tous les travaux de la commission.

Le juge Iacobucci avait été nommé en décembre 2006 pour mener une enquête sur cette affaire.

Un porte-parole du premier ministre Stephen Harper a soutenu que le rapport Iacobucci avait été commandé par le gouvernement, et qu'il a été rendu public aussitôt que possible.

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