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Les Suisses refusent de légaliser le cannabis

International | Dimanche 30 nov 2008 | 16:44

Les Suisses refusent de légaliser le cannabis

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THE ASSOCIATED PRESS

BERNE - Les Suisses ont nettement refusé dimanche lors d'une "votation" l'initiative pour la dépénalisation du cannabis. Une modification de la loi sur les stupéfiants qui consacre la politique dite des quatre piliers -à savoir la prévention, la répression, la lutte contre les dommages et la thérapie-a en revanche été acceptée.

Aucun canton n'a accepté l'initiative et 63,2% des votants l'ont repoussée. Les refus les plus nets ont été enregistrés en Suisse romande, à savoir dans les cantons de Neuchâtel (71,5%), Vaud (71,2%), Valais (70,6%), Fribourg (69,7%) et dans le Jura (67,8%). Genève a dit "non" à 62,1%. Les plus faibles majorités refusant la légalisation de la drogue ont été enregistrées à Bâle-Ville (55,3%) et à Zurich (56,7%).

L'initiative "pour une politique raisonnable en matière de chanvre protégeant efficacement la jeunesse" avait été lancée après l'échec en 2004 de la révision de la loi sur les stupéfiants. Elle visait à dépénaliser la consommation, la détention, l'achat et la culture du cannabis en vue d'un usage personnel, dès l'âge de 18 ans. L'objectif était de réduire la criminalité en régulant le marché.

L'UDC (Union démocratique du centre) et le PDC (Parti démocrate-chrétien) recommandaient le rejet de l'initiative, contrairement aux radicaux, aux socialistes et aux Verts.

Comme le Conseil fédéral, le Parlement l'a rejetée, craignant qu'un "oui" soit source de problèmes avec les pays voisins. Les opposants à l'initiative refusaient en effet que la Suisse devienne le lieu d'un tourisme du cannabis. Ils ont par ailleurs fait valoir qu'avec la forte hausse constatée de la teneur en THC des plants de cannabis, ce produit ne peut plus être considéré comme une "drogue douce".

La révision partielle de la loi approuvée par 68% des votants reprend les éléments non contestés de la précédente révision, qui avait échoué en juin 2004 en raison de la dépénalisation de la consommation de cannabis. Il s'agit notamment d'ancrer dans la loi la politique dite des quatre piliers, à savoir la prévention, la répression, la lutte contre les dommages et la thérapie. Le traitement avec prescription d'héroïne sera ainsi reconnu, tout comme la distribution de seringues et la mise à disposition de locaux d'injection à titre de prévention du sida.

Pour les tenants de la révision de la loi, combattue principalement par l'UDC, la politique suisse de la drogue a fait ses preuves. Les possibilités de traitement ont permis de faire reculer la délinquance et de supprimer les scènes ouvertes de la drogue que la Suisse a connues au début des années 1990.

A l'annonce des résultats, le comité "Oui à la LStup" s'est félicité que les Suisses aient confirmé leur volonté "de disposer d'une politique de la drogue concrète et efficace, basée sur des faits, et qui privilégie les connaissances scientifiques aux discours idéologiques".

De son côté, l'UDC a salué le rejet de l'initiative sur la dépénalisation du cannabis, mais s'est fâchée contre le "oui" à la nouvelle loi sur les stupéfiants. Pour elle, la nouvelle loi "favorise la mafia de la drogue et contribue à ce que de nouvelles scènes de la drogue se créent et rendent encore plus difficile le travail de la police et de la justice".

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