Corus Nouvelles, l'actualité en temps réel

Carte du site

National
Accueil / National

La sous-commissaire de la GRC menacée d'outrage au Parlement

National | Mardi 12 fév 2008 | 17:28

La sous-commissaire de la GRC menacée d'outrage au Parlement

» Options
» Taille du texte
Taille par defaut 12pt 14pt

Par Steve Rennie, LA PRESSE CANADIENNE

OTTAWA - Un comité parlementaire recommande qu'une dirigeante de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) soit reconnue coupable d'outrage au Parlement.

Les députés membres du comité des comptes publics reprochent à la sous-commissaire de la GRC, Barbara George, de les avoir trompés au moment de ses témoignages devant eux, révèle un rapport dévoilé mardi.

Elle avait dit alors qu'elle n'avait rien à voir avec le fait qu'on ait ordonné à un officier de la GRC d'abandonner une enquête sur le régime de retraite de la gendarmerie.

L'officier en question, Mike Frizzel, enquêtait sur les problèmes de gestion du fonds de pension et du régime d'assurance de la GRC.

Le sergent d'état-major Frizzel a attesté que Mme George avait orchestré son retrait de l'enquête, et des échanges de courriels dont le comité a obtenu copie en mars dernier corroborent cette version.

Le comité a adressé de lourds reproches à Mme George, soutenant qu'elle avait trompé le Parlement en répondant à trois questions lors de son témoignage le 21 février dernier:

-elle a dit n'avoir "absolument rien" à voir avec le retrait de M. Frizzel;

-elle a dit ne pas savoir qui a ordonné le retrait de M. Frizzel avant d'indiquer que le surintendant en chef, Doug Lang, lui avait envoyé un courriel à ce sujet;

-elle a dit que M. Frizzel avait quitté l'enquête pour des raisons de santé.

"Parce que la sous-commissaire George est un membre haut-gradé en uniforme de la GRC, le comité s'attendait à plus d'elle comme témoin, indique le rapport. Elle est une professionnelle qui a été entraînée au droit de la preuve, à mener des enquêtes, à amasser des preuves et à évaluer des témoignages. Elle aurait dû donner au comité l'information qu'elle avait à l'époque en fonction de ses connaissances et de ses croyances."

Selon le rapport, Mme George a délibérément trompé le comité pour éviter d'être embarrassée professionnellement.

"La sous-commissaire George avait bien un motif pour tromper le comité - le sergent d'état-major Frizzell commençait à remettre en question ses actions et ceux de ses subordonnés. Ca aurait été embarrassant professionnellement d'admettre publiquement qu'elle avait été impliquée dans son retrait."

Dans une déclaration diffusée mardi, Mme George a assuré avoir répondu honnêtement, avec précision et au meilleur de ses souvenirs personnels pendant ses témoignages devant le comité.

"Très tôt dans le processus, il est devenu évident que certains membres du comité avaient déjà atteint une conclusion différente et ne se laisserait pas convaincre d'autre chose, a-t-elle dit. J'ai été déçue d'apprendre que le rapport rendu public aujourd'hui (mardi) par le comité des comptes publics reflète cette interprétation déformée de mon témoignage."

Bruce Carr-Harris, l'avocat de Mme George, soutient que le comité n'avait pas les outils nécessaires pour obtenir des réponses complètes de ses témoins et qu'en conséquence, le rapport ne contient pas "tous les faits pertinents".

Qualifiant sa cliente de "seule véritable victime de cette histoire", M. Carr-Harris a indiqué qu'il n'était pas certain des recours judiciaires qu'elle pourrait avoir - si elle en a.

Le sort réservé à Mme George demeure également incertain: le rapport recommande aux Communes de la reconnaître coupable d'outrage au Parlement, mais suggère de ne pas entreprendre d'autres actions. Il somme aussi la GRC de prendre en considération les conclusions du rapport, mais ne lui recommande pas de mesures disciplinaires.

Les problèmes du fonds de pension de la GRC remontent à 2003. Des officiers de la GRC les ont rendus publics, se plaignant de mauvaise gestion, de népotisme, et d'obstruction quand est venu le temps d'enquêter sur l'ensemble du dossier.

Envoyer Envoyer Imprimer Imprimer