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Russie-Géorgie : la diplomatie monte au front

International | Jeudi 28 aoû 2008 | 08:47

Russie-Géorgie : la diplomatie monte au front

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THE ASSOCIATED PRESS

Paris a agité le spectre des sanctions contre la Russie jeudi, à quatre jours de la réunion extraordinaire du Conseil européen sur la crise en Géorgie. Le Kremlin campe sur ses positions mais des négociations indirectes entre Moscou et Tbilissi pourraient se dérouler en Turquie dans les prochains jours, selon des médias turcs.

"Des sanctions sont envisagées (...) et bien d'autres moyens", a déclaré le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner. "Certains pays ont déjà demandé que les sanctions soient avancées. C'est dans la discussion lundi", a-t-il ajouté, faisant référence au sommet européen convoqué à Bruxelles par Nicolas Sarkozy, en tant que président en exercice de l'Union européenne ce semestre.


"C'est la première fois que j'entends parler de ces sanctions", a répondu son homologue russe Sergueï Lavrov à l'agence Itar-Tass, mais M. Kouchner "dit beaucoup de choses". "Je l'interprète comme la manifestation d'un abattement absolu devant le fait que le protégé de certaines capitales occidentales ne s'est pas montré à la hauteur de leurs attentes", a lancé M. Lavrov.


Ripostant aux menaces de suspension de la Russie des institutions internationales comme le G8 ou l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le ministre a souligné que "la Russie a autant d'intérêt au partenariat que nos collègues occidentaux".


"Il y a certains (Etats membres) qui proposeront des sanctions, d'autres qui les refuseront", a affirmé Bernard Kouchner, pour qui l'essentiel sera d'aboutir à "des conclusions qui auraient l'accord des 27 pays". "Rien n'est plus important que l'unité face à un problème aussi grave, rien ne serait plus dommageable que de sortir de la réunion de lundi sans une unité, non pas de façade, mais une unité politique réelle", a-t-il estimé.


L'Union européenne a unanimement condamné la riposte russe, jugée disproportionnée, à l'offensive militaire géorgienne du 7 août pour prendre le contrôle de l'Ossétie du Sud séparatiste, et les 27 ont de même dénoncé le maintien de forces russes en Géorgie, ainsi que la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des provinces géorgiennes d'Abkhazie (nord-ouest) et d'Ossétie du Sud (nord). Mais l'Union est en revanche apparue divisée sur un axe Est-Ouest quant à la réponse à apporter à la démonstration de force du Kremlin.


Nicolas Sarkozy a lancé un appel à l'unité des Vingt-Sept mercredi et a réaffirmé les positions européennes dans un entretien téléphonique avec son homologue russe Dimitri Medvedev dans la soirée, selon l'Elysée, pourtant, Moscou semble jusqu'ici peu sensible aux pressions diplomatiques de moins en moins amicales des alliés de la Géorgie.


C'est la plus grave crise entre la Russie et l'Occident depuis l'effondrement de l'URSS au début des années 1990, mais M. Medvedev a assuré mardi que la Russie n'avait "peur de rien, y compris de l'éventualité d'une guerre froide". Moscou a même brandi l'exemple de la Géorgie pour mettre en garde la Moldavie contre toute velléité de reprendre par la force la région séparatiste de Transdnistrie.


Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a quant à lui imputé jeudi les divisions de l'UE à "l'expansion injustifiée et infondée de l'OTAN" et au fait que selon lui le cessez-le-feu conclu le 12 août sous l'égide de l'Union européenne a été "continuellement réécrit". Moscou respecte la première version de l'accord, la seule qui soit légale, a-t-il dit, renvoyant à la Géorgie toutes les accusations, aussi bien d'impérialisme que de nettoyage ethnique ou d'agression.


La Russie espérait obtenir une déclaration de soutien jeudi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) à Douchanbé (Tadjikistan), mais ses partenaires d'Asie centrale et surtout la Chine ont refusé de s'engager dans une alliance faisant le pendant à l'OTAN côté occidental. Au contraire, ils ont dénoncé le recours à la force comme solution "exclusive" aux conflits régionaux.

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