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![]() Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Jacques BoissinotArts et spectacles | Mardi 03 jun 2008 | 18:39Le réseau TQS respecte-t-il les règles sur le contenu canadien? |
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Par Lia Lévesque, LA PRESSE CANADIENNE
QUEBEC - Une autre tuile attendait Remstar, mardi, en cette deuxième journée d'audience du CRTC sur sa demande de se porter acquéreur du réseau de télévision TQS. Le conseiller du CRTC Michel Morin a révélé que TQS ne respectait pas les règles de contenu canadien, comme les autres télédiffuseurs. Questionnée à ce sujet, la direction de TQS a nié les chiffres cités par le conseiller Morin, puisés dans des rapports du CRTC. La direction de TQS a attribué à un problème de codification informatique ces impressions de non-respect des règles de contenu canadien dans la programmation.
Actuellement, ces règles prévoient que 60 pour cent de la programmation durant la journée doit être du contenu canadien, cette proportion passant à 50 pour cent durant la soirée.
Or, selon les chiffres cités par M. Morin, de 2001 à 2007, durant la journée, le contenu canadien serait passé de 54 à 32 pour cent. Le soir, il serait passé de 49 à 42 pour cent pendant la même période.
"Vous savez, c'est très grave! Quand ce n'est pas respecté, on peut, et il n'y a pas beaucoup d'options, on peut réduire la durée de la licence", s'est exclamé M. Morin, en précisant que le CRTC l'avait déjà fait dans le cas de la radio, dans le passé.
Le vice-président et directeur général de TQS, Serge Bellerose, a assuré qu'en vérité, TQS respectait déjà ces normes de contenu canadien et que ce ne sont que les chiffres donnés par le service informatique qui donnent l'impression inverse.
Le conseiller Morin s'est dit peu rassuré, puisque la situation problématique avait déjà été soulevée en 2002 et 2004. Il a suggéré que cela pourrait faire partie des conditions de licence de TQS, ce à quoi M. Bellerose semblait prêt à agréer.
Corriger l'impression
Après sa seconde présentation en deux jours, la direction de TQS a tenu à corriger l'impression qu'elle avait pu laisser au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, puisqu'elle a dû faire face à un feu nourri de questions et de doutes de la part des conseillers.
Le vice-président à la programmation de TQS, Louis Trépanier, a notamment voulu justifier l'imprécision de certaines réponses de la direction de Remstar et TQS.
"Je ne veux pas vous laisser sur une impression qu'on ne sait pas où on s'en va. Je veux juste vous rappeler qu'on est une entreprise en faillite technique depuis le 18 décembre dernier. Notre préoccupation a été de sauver 200 quelques emplois. On a eu un peu moins de temps pour faire de la planification et de la projection sur les grilles de programmation de l'automne ou pour l'hiver prochain. On a essayé de sauver cette entreprise-là qui est en faillite", a dit M. Trépanier.
Devant ces questions laissées sans réponse, TQS s'est d'ailleurs engagée à déposer au CRTC d'ici le 11 juin une émission pilote d'environ une demi-heure pour illustrer ce dont aura l'air le nouveau TQS.
Politiques
En cette deuxième journée d'audience, le CRTC a eu droit à un défilé d'élus municipaux et provinciaux tous opposés à la disparition des bulletins de nouvelles à TQS.
Le maire de Québec Régis Labeaume y est carrément allé d'un ultimatum: c'est Remstar avec les bulletins de nouvelles de TQS ou pas de Remstar à Québec. Il aimerait même que Remstar ne puisse plus solliciter les annonceurs locaux de Québec si elle ne maintient pas des bulletins d'information à Québec.
La ministre québécoise de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, a demandé au CRTC de réintroduire, comme condition expresse de licence, des exigences quantitatives en matière d'information locale pour les stations privées de télévision.
"C'est essentiel de protéger les nouvelles locales et régionales. C'est une question de diversité des voix, pour que la population puisse s'informer à différentes sources", a plaidé Mme St-Pierre.
La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) s'est également portée à la défense de l'information régionale et locale, affirmant que TQS avait même un effet d'entraînement en la matière sur les autres médias.
Par ailleurs, un syndicat des employés de TQS a remis une lettre en faveur d'un autre groupe qui avait voulu se porter acquéreur de TQS, The Catalyst Capital Group, et qui proposait le maintien du service des nouvelles.
Le conseiller du CRTC Michel Arpin a cependant fait valoir que ces acheteurs potentiels ne s'étaient pas manifestés quand c'était le temps de se faire entendre. Le syndicat tenait surtout à faire voir au CRTC que si l'offre de Remstar était rejetée, d'autres prétendants pourraient demeurer intéressés.
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