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Les renforts de la MONUC pourraient arriver

International | Vendredi 21 nov 2008 | 14:49

Les renforts de la MONUC pourraient arriver "dans les prochaines semaines" en RDC

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Par Anita Powell

GOMA, RD Congo - La France a plaidé vendredi pour un renforcement du mandat des casques bleus de la MONUC en République démocratique du Congo pour mieux protéger les civils victimes de la guerre au Nord-Kivu, une force de paix internationale qui devrait voir arriver plus de 3.000 hommes en renfort "dans les prochaines semaines", ont indiqué les Nations unies.

La France a salué la décision du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi d'envoyer 3.100 casques bleus supplémentaires dans l'est de la RDC, où la situation restait tendue malgré le retrait partiel annoncé par les rebelles de Laurent Nkunda, en lutte contre l'armée congolaise.

Le projet de résolution adopté par le Conseil vise à "renforcer temporairement" la Mission des Nations unies au Congo (MONUC) "afin de répondre à l'urgence de la situation", souligne le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué évoquant une situation "particulièrement grave" au Nord-Kivu. "Un certain nombre d'exactions se poursuivent, la situation humanitaire pour les déplacés est préoccupante", précise le Quai d'Orsay.

Le colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole militaire de l'ONU en RDC, s'est félicité de la décision du Conseil de sécurité et espère que l'arrivée des renforts interviendra "dans les prochaines semaines". Plusieurs pays africains comme le Sénégal, le Kenya et l'Angola sont pressentis pour contribuer à l'augmentation des effectifs de la MONUC, mais les discussions sont toujours en cours et aucune décision n'a été prise, ont indiqué des diplomates à l'ONU.

Avec ses 17.000 hommes actuels, la MONUC est déjà la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU déployée dans le monde. Mais en dépit de ces effectifs, elle n'a pas réussi à arrêter les combats ou protéger les civils, ce qui lui vaut de nombreuses critiques.

La France a demandé vendredi un renforcement des règles d'engagement de la force de maintien de la paix afin de protéger plus efficacement les civils. Il faut "affirmer plus clairement que l'usage de la force peut être très clairement envisagé (...) pour la protection des populations, y compris de façon proactive", a expliqué Eric Chevallier, porte-parole du Quai d'Orsay.

Il a souligné que la France n'était pas seule à demander un tel changement. Actuellement, les casques bleus de la MONUC ne peuvent ouvrir le feu que lorsqu'on leur tire dessus et ne peuvent défendre les civils que s'ils font l'objet d'une menace imminente. Ils n'ont pas non plus le droit de tirer sur des hommes armés sans leur adresser un avertissement au préalable ou tirer des coups de semonce, précise Madnodje Mounoubai, porte-parole de la MONUC. "Le problème, c'est que lorsqu'ils peuvent recourir à la force", ils ne peuvent le faire que de manière "très restreinte", ajoute-t-il.

M. Chevallier n'a pas précisé si la France ou l'Union européenne contribuerait à l'augmentation des effectifs de la MONUC. Il a précisé qu'il revient à chaque pays de décider s'il envoie des soldats ou accepte de fournir de l'argent, des équipements ou une aide logistique à la force onusienne.

Sur le terrain, la situation des Congolais déplacés par les combats au Nord-Kivu suscitait l'inquiétude. Au camp de Kibati, qui accueille des milliers de réfugiés, des hommes armés ont abattu une jeune femme et se sont livrés à des pillages, a déclaré William Spindler, porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés. Il n'a pas indiqué à quel groupe armé les assaillants appartenaient, mais on sait que des soldats congolais luttant contre la rébellion vivent parmi les civils à Kibati.

"Nous craignons que la population civile, déjà dans une situation humanitaire dramatique et désespérée, soit prise entre deux feux si les combats devaient reprendre dans la zone", a précisé à Genève M. Spindler.

"Les habitants vivent dans la peur constante des pillages, des barrages routiers et du travail forcé", a déclaré de son côté Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires. "La situation sécuritaire reste tendue et très volatile", dit-elle. "Les pillages se poursuivent", de même que les viols: 20 ont été signalés dans un centre sanitaire à Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu, entre le 12 et le 18 novembre, selon Mme Byrs. Et beaucoup d'autres n'ont probablement pas été rapportés.

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