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Regain de violence dans le Delta du Niger

International | Mercredi 17 sep 2008 | 06:49

Regain de violence dans le Delta du Niger

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THE ASSOCIATED PRESS

LAGOS, Nigeria - Cinquième jour de violences dans le sud du Nigeria. Le MEND (Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger), principal mouvement de rébellion dans le sud du Nigeria, a annoncé mercredi avoir détruit un oléoduc et une station de pompage au cours d'une exceptionnelle attaque diurne.

Si l'information, annoncée par communiqué sur Internet, est confirmée, il s'agirait de la deuxième opération de sabotage en 24 heures: dans la nuit, le MEND a déjà attaqué une autre station de pompage de la société pétrolière Shell, détruisant le site à l'issue d'un affrontement avec les forces de sécurité le protégeant, a confirmé l'armée.


Ces derniers jours, la région pétrolière du Delta du Niger a connu une considérable recrudescence des violences, avec de véritables batailles rangées entre la rébellion et l'armée nigériane, qui auparavant avaient plutôt tendance à s'éviter dans le complexe réseau de rivières, criques et marécages de la région.


Samedi, l'armée a lancé un raid meurtrier de grande envergure sur un camp de la rébellion, avec avions, hélicoptères et bateaux. Depuis, le MEND a riposté par une série d'opérations commandos sur les camps militaires dans la mangrove, et par de nouvelles attaques sur les infrastructures pétrolières. Ces affrontements ont fait au moins une vingtaine de morts dans les rangs des combattants, ainsi que des victimes civiles.


Et dimanche, le MEND a décrété l'état de guerre totale dans la région du Delta.


Depuis trois ans, le MEND dit lutter pour que les autorités fédérales d'Abuja prennent en compte leurs revendications, et que la manne pétrolière bénéficie plus à la région. En dépit de 50 années de production pétrolière intensive, les populations du Delta en restent exclues et sont toujours aussi pauvres.


Les attaques des rebelles sur les infrastructures et l'insécurité qu'ils font régner auprès des compagnies pétrolières étrangères, avec les nombreux enlèvements de personnels, ont fait baisser d'un quart la production quotidienne du Nigeria, premier producteur d'Afrique. Ce qui a participé à l'explosion des cours de l'or noir sur les marchés internationaux.


Une guerre civile totale serait un scénario de cauchemar pour l'industrie pétrolière locale, et selon les observateurs risquerait de ramener rapidement la production à zéro.

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