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Le réchauffement climatique pourrait causer une mortalité précoce chez les séquoias géants

International | Samedi 06 sep 2008 | 12:03

Le réchauffement climatique pourrait causer une mortalité précoce chez les séquoias géants

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Par Garance Burke, ASSOCIATED PRESS

VISALIA, Californie - L'augmentation des températures pourrait causer une mortalité accrue chez les séquoias géants de Californie. Le climat chaud et sec enregistré lors des deux dernières décennies a ainsi déjà contribué à la disparition d'un nombre inhabituel de pins et de conifères très anciens dans les parcs nationaux de Yosemite et de Sequoia, selon des travaux récents de l'US Geological Survey (USGS).

Au cours des dix prochaines années, le changement climatique pourrait également avoir des effets sur la capacité des séquoias géants à faire germer de nouveaux plants, a déclaré cette semaine Nathan Stephenson, chercheur à l'USGS, un organisme fédéral menant des recherches sur des domaines aussi variés que la géologie, la géographie, la faune et la flore.

"Les premiers effets du changement climatique que nous pourrions observer concernent les difficultés des séquoias géants à se reproduire car leur système racinaire ne fonctionne pas aussi bien quand la température augmente", a expliqué jeudi M. Stephenson lors d'une conférence consacrée aux possibles effets du réchauffement climatique sur la Sierra Nevada, chaîne montagneuse de Californie. "Après cela, je ne serais pas surpris de voir leur mortalité grimper en flèche au cours des 30 prochaines années".

Le Sequoiadendron giganteum, cousin du séquoia qui pousse sur la côte californienne, peut vivre jusqu'à 2.900 ans et atteindre un diamètre de 11 mètres, ce qui en fait l'un des organismes vivants les plus massifs au monde.

M. Stephenson faisait partie d'une équipe de trois chercheurs qui, entre 1984 et 2002, ont suivi l'évolution de la santé des pins et des conifères dans les deux parcs nationaux situés au sud de la Sierra Nevada.

Avec l'augmentation conjointe des températures et des sécheresses estivales durant cette période, ils ont découvert que la mortalité habituelle des arbres avait plus que doublé et que les troncs étaient devenus plus vulnérables aux attaques des insectes et des champignons.

Bien que les autres espèces aient une durée de vie plus courte que les séquoias, les scientifiques pensent que cette évolution peut permettre de prédire ce qui risque d'arriver aux organismes plus gros si les températures augmentent comme prévu d'un ou deux degrés avant la fin du siècle.

"La survie de nombre de nos espèces les plus précieuses est en jeu", assure Constance Millar, scientifique au Service fédéral des forêts. Il faut sortir de la gestion au jour le jour des forêts et penser à ce qui est susceptible d'y pousser dans 100 ans, estime-t-elle.

La flore et la faune présentes dans la chaîne de montagnes de la Sierra Nevada, longue de plus de 600km, sont déjà fortement touchées par le réchauffement du climat et les autorités fédérales ont commencé à surveiller les forêts pour comprendre de quelle manière elles changeaient.

Le Service des forêts a ainsi renouvelé ses cartes établies il y a plusieurs dizaines d'années pour redéployer ses coupe-feux le long de la Sierra Nevada, déplaçant son dispositif des lignes de crête vers les régions moins élevées, là où les scientifiques situent maintenant les zones à risques en cas d'incendie.

Il faudra vraisemblablement des années pour comprendre l'influence de la hausse des températures, des incendies, de la pollution et d'autres facteurs sur l'écosystème, notent les responsables des parcs naturels. Mais la vigilance s'impose d'ici là. "En ce moment, nous concentrons nos efforts sur l'icône des parcs, le séquoia géant", souligne Craig Axtell, responsable des parcs nationaux de Sequoia et de Kings Canyon. "Mais nous pourrions bien tomber sur d'autres problèmes dont nous ne soupçonnons même pas l'existence".

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