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International | Mercredi 07 mai 2008 | 15:49Le présumé meurtrier en série Michel Fourniret est prêt à s'expliquer |
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Par Pierre-Antoine Souchard, THE ASSOCIATED PRESS
CHARLEVILLE-MEZIERES, France "Je vais répondre à toutes les questions qui se poseront." Jugé depuis fin mars par la cour d'assises des Ardennes pour les meurtres de sept jeunes femmes, Michel Fourniret, exhorté mercredi par sa seconde épouse et ses deux enfants, a accepté de s'exprimer publiquement sur les faits, ce qu'il refusait depuis le début du procès.Cependant, les avocats des parties civiles, en accord avec la cour, ont souhaité remettre à la semaine prochaine un interrogatoire de Fourniret. A un avocat qui lui demandait s'il respecterait sa parole la semaine prochaine, l'accusé a répondu: "Je n'en ai pas deux".
L'audience a basculé mercredi en fin de journée lorsque la fille de Fourniret, Anne, lui a demandé après sa mère, seconde épouse de l'accusé, et son fils né d'un premier mariage, de "prendre la parole" afin qu'il "s'exprime vis-à-vis des familles".
Après la première adjuration de Nicole C., sa seconde épouse, dans l'après-midi, Michel Fourniret lui avait demandé l'autorisation de prendre la parole, ce qu'elle avait autorisé. Puis, l'accusé avait laissé entendre qu'il pourrait s'exprimer si ses deux enfants n'y étaient pas opposés. "Je crois que ce serait pour moi un ordre et je parlerais en public." Ordre donné par ses deux enfants auquel il s'est exécuté.
Jean-Christophe, né en 1964, dont l'audition a duré neuf minutes, a demandé à son père, qu'il ne connaît pas et n'a jamais vu, de prendre la parole. Anne, dont la soeur jumelle s'est suicidée en 2006, a également imploré son père de parler. "Tu peux prendre la parole", lui a-t-elle dit.
Quelques instants plus tard, Michel Fourniret, s'adressant à sa fille, s'est effondré: "J'ai quelque chose à te dire (silence), à ta mère, à ton frère et à ta soeur (pleurs). C'est une situation où les mots n'ont plus de sens si ce n'est de te dire que je t'aime et, même si je crève, je t'aimerai toujours".
Du couple que formait son père avec Monique Olivier, la jeune femme dira sobrement: "il ne respirait pas le bonheur". Auparavant, la cour avait entendu les deux premières épouses de Fourniret le décrivant comme un homme à la double personnalité: l'une attachante, l'autre beaucoup plus difficile à cerner.
Annette, sa première épouse, ancien cadre hospitalier, a vécu quatre ans, de 1963 à 1967, avec Fourniret dont elle est l'aînée de sept ans. Ils se sont rencontrés avant son départ pour la guerre d'Algérie, dont elle dit qu'il est revenu "marqué".
De là-bas, il lui écrivait de très belles lettres avec des fleurs séchées. Leur vie commune a commencé après sa démobilisation. "Il avait des absences que je mettais sur le compte de la guerre", dit Annette R. Leur enfant naîtra en 1964.
En quatre ans, aucun problème majeur, sauf quand survient un incident avec une mineure en 1966, suivi de son incarcération. Elle réfléchira longtemps avant de demander le divorce. Elle était contre. De cet homme, Annette assure qu'il "pouvait faire quelque chose de sa vie", qu'il "avait beaucoup de qualités". Un homme qui "avait deux personnalités. Une personnalité attachante. Je ne sais pas ce qui s'est passé après avec ce parcours criminel". Elle parlera de "gaspillage" à propos de cette affaire.
Nicole C., sa seconde épouse, a demandé au président si son passage à la barre "sera long". Car "c'est très émouvant" de se trouver en un endroit comme la cour d'assises. Le couple s'est séparé voilà 25 ans après 13 ans de vie commune entre 1969 et 1984. "Je ne le reconnais plus du tout", murmure-t-elle.
Elle lui a dit oui, non "par enthousiasme mais par raison", elle avait déjà 30 ans. "J'ai le souvenir d'un homme qui m'a accompagnée et qu'il fallait que j'accompagne." Comme Annette, Nicole évoque la double personnalité de son ex-mari mais "n'arrive pas à comprendre comment il en est arrivé à ce genre de méfaits".
Un jour, tout allait bien, puis "on ne sait pas par quel hasard, le ciel s'assombrissait". Il ne lui avait pas mentionné ses précédents ennuis judiciaires. "Quant il disait la vérité, je ne le croyais pas", répond-elle à la cour.
Le couple aura trois enfants, un garçon et des jumelles. L'aîné est mort en 1995, happé par une fendeuse à bois, et l'une des jumelles est morte en 2006. De son mari, elle dit qu'il était "exigeant, courtois, prévenant parfois, autoritaire à condition qu'on veuille bien se laisser faire". Mais elle sait se défendre. Comme père, il était "plutôt distant". Un père dur avec son fils aîné qui voulait tant lui ressembler.
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