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Première comparution de Radovan Karadzic devant le TPIY

Photo: THE ASSOCIATED PRESS/APTN

International | Jeudi 31 jui 2008 | 13:55

Première comparution de Radovan Karadzic devant le TPIY

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Par Mike Corder, ASSOCIATED PRESS

LA HAYE - Radovan Karadzic a comparu jeudi pour la première fois devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye, auquel il a confirmé qu'il se défendrait lui-même des accusations de crimes contre l'humanité et de génocide retenues contre lui. L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie reviendra devant ses juges pour une nouvelle comparution le 29 août pour dire s'il plaide coupable ou non, l'acte d'accusation étant en cours d'actualisation.

Débarrassé de la longue barbe et des cheveux qu'il avait laissés pousser pendant ses treize années de cavale, Radovan Karadzic, vêtu d'un costume et d'une cravate sombres, a écouté le juge Alphons Orie lui lire un bref résumé des 11 chefs d'accusation qui pèsent à son encontre.


Visiblement sûr de lui, il a informé le tribunal qu'il assurerait sa propre défense. "J'ai un conseil invisible, mais j'ai décidé de me représenter moi-même", a-t-il déclaré.


Au lendemain du transfert de l'ancien chef des Serbes de Bosnie à La Haye, cette première comparution a été marquée par un léger cafouillage, lorsque le procureur du TPIY Serge Brammertz a indiqué au juge, qui n'était visiblement pas au courant, que l'acte d'accusation initial, rédigé il y a treize ans, était en cours d'actualisation.


Radovan Karadzic en a alors profité pour refuser de plaider coupable ou non, et a obtenu un délai d'un mois, jusqu'au 29 août, pour prendre connaissance du nouvel acte d'accusation. "Je ne souhaite pas que quelqu'un d'autre me lise l'acte d'accusation", a-t-il affirmé. "Je préférerais recevoir le nouvel acte d'accusation qui a été annoncé et avoir suffisamment de temps pour l'étudier, et avoir ensuite ma première comparution pour plaider ou non".


Lors de cette nouvelle comparution le 29 août, l'accusé, présenté comme le cerveau des massacres commis pendant la guerre de Bosnie (1992-95), devra dire s'il plaide ou non coupable. S'il refuse de le faire, le tribunal plaidera automatiquement non coupable en son nom.


Après avoir décliné son identité et son adresse avant son arrestation, Radovan Karadzic a également affirmé qu'il avait conclu un accord avec les autorités américaines en 1996 prévoyant qu'il disparaisse définitivement de la vie publique en échange de l'abandon des poursuites contre lui.


Washington a plusieurs fois démenti les informations de la famille Karadzic selon lesquelles le négociateur américain de l'époque Richard Holbrooke avait conclu un tel accord, et le juge Alphons Orie n'a pas permis jeudi à Karadzic de s'exprimer plus avant sur cette question. "Ce n'est pas le moment approprié", a-t-il affirmé, suggérant que l'accusé s'explique par voie écrite.


Radovan Karadzic a toutefois eu le temps d'affirmer que les Etats-Unis avaient tenté de "persuader le procureur en chef de retirer l'acte d'accusation". Selon lui, le procureur du TPIY de l'époque, Richard Goldstone, avait refusé et menacé de démissionner. "On avait l'intention de me liquider", a alors déclaré l'accusé, affirmant avoir toujours peur pour sa vie actuellement, même enfermé à La Haye.


"C'est une question de vie ou de mort. Si M. Holbrooke veut toujours ma mort et regrette qu'il n'y ait pas de peine de mort ici, je me demande si son bras est assez long pour m'atteindre ici", a-t-il déclaré. "J'ai peur pour ma vie", a-t-il poursuivi, soulignant avoir également "peur de la vitesse" de la procédure. "Je ne veux pas être dans une situation où je n'aurais pas un procès équitable".


Radovan Karadzic a enfin dénoncé des "irrégularités" dans la procédure d'extradition de Belgrade à La Haye et a évoqué une "fausse information sur la date de (son) arrestation". Son avocat serbe avait déclaré que le suspect avait été arrêté et détenu au secret pendant trois jours avant l'annonce de sa capture, le lundi 21 juillet.


Inculpé en 1995, Radovan Karadzic se trouve sous le coup de onze chefs d'accusation de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, pour son rôle dans les atrocités de la guerre de 1992-95 en Bosnie, et principalement le massacre de quelque 8.000 musulmans à Srebrenica en 1995.

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