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Les pays de l'UE proposent une baisse de 60% des tarifs douaniers agricoles

Économie | Lundi 21 jui 2008 | 14:06

Les pays de l'UE proposent une baisse de 60% des tarifs douaniers agricoles

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Par Bradley Klapper, ASSOCIATED PRESS

GENEVE - L'Union européenne a proposé lundi au premier jour d'une réunion de l'OMC à Genève une baisse de 60% de ses tarifs douaniers agricoles dans le cadre d'un nouvel accord mondial sur le commerce, soit une réduction plus importante que les 54% proposés précédemment.

Selon le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, cette nouvelle offre vise à lancer sur de bons rails les discussions cruciales de cette semaine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Les négociateurs espèrent un compromis sur la libéralisation des produits agricoles et manufacturés cette semaine pour parvenir à un accord final sur la baisse des droits de douane et des subventions d'ici la fin de l'année.

Reste que ces négociations dites du cycle de Doha, ville du Qatar où elles ont été lancées en 2001, durent depuis sept ans, et de nombreux observateurs sont sceptiques sur les chances d'un accord.

"Nous avons décidé d'aider les négociations à prendre un bon départ cette semaine en relevant la réduction moyenne de notre tarif agricole", a expliqué M. Mandelson. "C'est une amélioration très considérable de notre part."

Mais il ne s'agit pas d'un cadeau, a-t-il précisé. En contrepartie, des pays émergents comme le Brésil, l'Inde et la Chine doivent améliorer leurs offres sur la réduction de leurs droits de douane en matière industrielle. L'Europe souhaite voir ces nations s'ouvrir à davantage de services et de produits manufacturés en provenance de l'UE tels que les transports, les services de télécommunications et bancaires.

Peter Mandelson a prévenu qu'un accord ne pourrait être conclu cette semaine si tous les pays ne font pas un "effort". Mais certains Etats semblent moins motivés que d'autres pour un accord dans la mesure où ils redoutent des effets néfastes pour leur économie.

L'Irlande, l'un des 27 Etats membres de l'UE qui peuvent opposer leur veto, a estimé que les négociateurs européens étaient déjà allés "trop loin" en abaissant les barrières douanières pour les importations de boeuf et de produits laitiers, une mesure qui selon Dublin tuerait l'agriculture nationale. Les exportations sud-américaines de viande sont bien moins chères que les produits irlandais.

Le président de la FNSEA (fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) Jean-Michel Lemétayer a affirmé sur RTL que "quand on démarre une semaine de négociations en faisant de nouvelles concessions sans rien obtenir de la part des partenaires", "il y a un risque de nouvelles concessions dans les jours qui viennent et ça devient extrêmement grave pour l'agriculture".

"Je crois qu'il (M. Mandelson) a décidé de faire en sorte que l'agriculture européenne soit sacrifiée dans cette négociation", a poursuivi M. Lemétayer, en assurant que "ça fera baisser les prix et donc le revenu des producteurs". "On va mettre en cause l'indépendance alimentaire de l'Europe et en particulier sur des secteurs très fragiles (...) l'élevage et la viande bovine", a-t-il ajouté.

Le ministre français de l'Agriculture Michel Barnier a estimé toutefois qu'il n'y avait "rien de nouveau", et que "cette proposition était déjà sur la table". Il a expliqué la différence en soulignant que selon que l'on introduisait ou non "l'ensemble des produits dits sensibles et des produits tropicaux, qui ne concernent pas beaucoup de pays européens", on arrivait "à 54 ou à 60%". "L'Europe n'ira pas au-delà des concessions qu'elle a déjà faites", a-t-il assuré sur RTL.

Vendredi, la secrétaire d'Etat française chargée du Commerce extérieur Anne-Marie Idrac affirmait à l'issue d'une réunion des ministres de l'UE chargés du commerce à Bruxelles, que les pays de l'Union européenne excluaient toute nouvelle concession sur la question des importations ou des subventions agricoles.

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