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International | Vendredi 29 aoû 2008 | 08:24Paris exclut des sanctions immédiates contre la Russie |
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Par Laurent Pirot, THE ASSOCIATED PRESS
PARIS - Le Conseil européen extraordinaire de lundi convoqué par Paris ne décidera pas de sanctions contre la Russie après la reconnaissance par Moscou des deux provinces séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, a assuré l'Elysée vendredi, s'efforçant de faire retomber la tension née de l'évocation de possibles mesures de rétorsion."Au stade actuel, nous ne prévoyons pas de sanctions décidées par le Conseil européen", a affirmé une source élyséenne, répétant la mise au point officielle qui avait fait suite aux propos tenus jeudi par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, selon lequel "des sanctions sont envisagées (...) et bien d'autres moyens".
Cette déclaration avait suscité l'étonnement du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
Même si plusieurs pays européens, dont la Pologne ou les Etats baltes, "souhaitent des sanctions", "nous n'en sommes pas à ce stade", insiste-t-on à l'Elysée. On y considère que les chefs d'Etat et de gouvernement européens doivent pour le moment s'en tenir au "dialogue ferme" en cours avec Moscou et continuer à faire pression sur la Russie pour que l'accord de cessez-le-feu, négocié avec l'aide du président en exercice du Conseil européen Nicolas Sarkozy, soit appliqué en totalité.
"Tant que ce n'est pas le cas, la relation avec la Russie sera en observation", insiste Paris, qui prône une "condamnation ferme" par les 27 plus hauts dirigeants de l'Union de la reconnaissance, mardi par Moscou, des deux provinces de Géorgie, dans des termes proches de ceux déjà employés mardi par Nicolas Sarkozy en tant que président du Conseil de l'Union. Les Vingt-Sept devraient aussi réaffirmer leur soutien à la Géorgie.
Un durcissement de la position européenne vis-à-vis de Moscou n'est toutefois pas écarté, mais pas avant le sommet UE-Russie qui doit se tenir le 14 novembre prochain à Nice, dans deux mois et demi. "C'est à ce moment-là que ces questions (d'éventuelles sanctions, NDLR) devront être traitées. On a du temps avant d'arriver à ce moment-là (...) c'est le temps d'une application de l'ensemble" de l'accord de cessez-le-feu, estime l'Elysée. La France met en avant les risques d'un durcissement trop rapide de la position européenne, alors que l'Europe reste très dépendante des livraisons russes de gaz, comme le pointe un haut diplomate.
Toute la difficulté sera de rassembler les Européens sur la position "d'équilibre" défendue par Paris, entre une condamnation ferme de l'attitude russe et un soutien à la Géorgie d'un côté et, de l'autre, la nécessité de poursuivre un dialogue avec Moscou et Tbilissi. "Personne n'envisage de rupture avec la Russie", assure-t-on.
"Il y a des sensibilités différentes qui s'expriment, c'est tout à fait normal", juge un diplomate français, qui s'attend à ce que ces différences perdurent au-delà de la réunion de lundi et du texte "d'équilibre" en préparation. "Notre souhait, c'est que même s'il y a des dièses et des bémols, ça reste la même partition."
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