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Ottawa doit soutenir plus fermement un journaliste afghan, dit Jack Layton

National | Dimanche 03 fév 2008 | 19:30

Ottawa doit soutenir plus fermement un journaliste afghan, dit Jack Layton

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LA PRESSE CANADIENNE

OTTAWA - Le leader du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, souhaite que le Parlement canadien exprime son appui à un journaliste afghan condamné à mort il y a deux semaines pour avoir supposément insulté l'islam.

En entrevue dimanche, M. Layton a déploré que le gouvernement conservateur soit resté à peu près muet sur le cas de Sayad Parwez Kambaksh, épinglé par les autorités afghanes pour avoir distribué un texte sur le rôle assigné aux femmes par les musulmans fondamentalistes.

Le chef néo-démocrate a dit que des soldats canadiens ont perdu la vie pour une mission censée aider à construire la démocratie en Afghanistan, et que le Canada est donc tout à fait en droit de prendre position sur cette question.

Neil Hrab, un porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a affirmé que des diplomates à l'ambassade canadienne à Kaboul ont fait part de leur préoccupation au gouvernement afghan au sujet de la sentence de M. Kambaksh, et qu'Ottawa suit toujours "activement" ce dossier.

"Le Canada insiste fréquemment sur la nécessité, pour le gouvernement afghan, de remplir ses obligations de promouvoir et de protéger les droits de la personne, y compris la liberté d'expression et de croyance religieuse", a dit M. Hrab.

Mais M. Layton estime qu'une prise de position publique est nécessaire de la part du Canada.

Il a expliqué qu'il souhaite obtenir l'appui de tous les partis à une résolution qui serait déposée à la Chambre des communes pour condamner la peine de mort prononcée contre le journaliste et demander au président afghan Hamid Karzaï d'intervenir.

Selon certaines rumeurs, la peine imposée à M. Kambaksh serait destinée à envoyer un message au frère de ce dernier, Yacoubi Brahimi, également journaliste, qui a écrit sur la corruption et les atteintes aux droits de la personne chez les fonctionnaires gouvernementaux, les politiciens et les seigneurs de guerre dans le nord de l'Afghanistan.

M.Brahimi a dit aux médias occidentaux que son frère n'était pas représenté par un avocat au cours de ce qu'il a qualifié de "procès secret" tenu à l'insu de la famille.

La peine de mort, qui fait l'objet d'un appel, a provoqué des manifestations en Afghanistan et a été dénoncée par le syndicat des journalistes afghans, l'organisation Reporters sans frontières et le gouvernement français. Le département d'Etat américain s'est dit "très préoccupé" par la situation.

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