
Économie | Lundi 10 mar 2008 | 19:10L'offre de Remstar pour TQS est approuvée par le juge Pierre Journet |
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Par Sylvain Larocque, LA PRESSE CANADIENNE
SAINT-JEROME - S'il n'en tient qu'au nouvel acquéreur de TQS, la maison de production Remstar, le réseau de télévision exploitera de nouvelles plates-formes de diffusion, tout en restant généraliste."Notre plan d'affaires va amener TQS bien au-delà de la télédiffusion traditionnelle, c'est ainsi que nous croyons pouvoir mieux répondre aux défis qui interpellent l'industrie de la télévision québécoise", a déclaré Maxime Rémillard, coprésident et chef de la direction de Remstar, par voie de communiqué. M. Rémillard a refusé de parler aux médias, lundi.
L'offre d'achat de Remstar a été approuvée lundi matin par le juge Pierre Journet, de la Cour supérieure, qui siégeait au palais de justice de Saint-Jérôme.
"Le succès futur de TQS s'appuie sur non seulement son succès à l'antenne en télévision conventionnelle, mais dans sa capacité de pouvoir exploiter les nouvelles plates-formes de diffusion, que ce soit sur le Web ou en téléphonie mobile", a renchéri le président et chef de la direction de TQS, René Guimond, lors d'un point de presse.
Le but sera de "redonner à TQS ses lettres de noblesse", a-t-il ajouté.
Quatre entreprises ont présenté des offres d'achat à temps pour la date butoir du 25 février. Or, elles ont toutes été rejetées par les actionnaires actuels du réseau, Cogeco (TSX:CGO) et CTV Television.
Trois offres bonifiées ont été déposées au début de la semaine dernière par des sociétés de taille relativement modeste: Remstar, le fonds privé d'investissement torontois Catalyst et la firme Internet B2B, d'Ottawa. Cogeco et CTV ont opté pour celle de Remstar, qui n'a pas été rendue publique.
"Ce qui est très intéressant pour nous, honnêtement, c'est qu'il y avait plusieurs entreprises intéressées à investir dans TQS", s'est félicité M. Guimond.
Acceptant mal d'avoir été évincé, Catalyst a dépêché lundi un avocat, Alain Gaul, à Saint-Jérôme. Devant le tribunal, Me Gaul a tenté de savoir auprès du contrôleur de TQS, Yves Vincent, du cabinet comptable RSM Richter, si l'offre de Remstar était supérieure à celle de Catalyst, mais en vain.
"(Remstar) avait simplement la meilleure offre, a assuré René Guimond. C'est tout."
Peu connu, Catalyst est un fonds d'investissement pour entreprises en difficulté. Il a notamment aidé Cogeco Câble (TSX: CCA) à acquérir le câblodistributeur portugais Cabovisao, en 2006. Dans le dossier de TQS, Catalyst n'a pas encore abandonné la partie.
"Il y a d'autres étapes dans le processus où on pourrait intervenir", a glissé Me Gaul au cours d'un entretien téléphonique.
Régions, information et Jeux
Selon le président de TQS, Remstar s'est non seulement engagée à ce que TQS demeure un réseau généraliste, mais aussi à ce qu'il continue à être présent dans les régions du Québec, à produire des bulletins de nouvelles et à être le diffuseur des Jeux olympiques de 2010 (Vancouver) et de 2012 (Londres). M. Guimond n'a toutefois pas pu garantir que les quelque 650 employés de TQS demeureraient tous en poste.
Le contrôleur s'attend à ce que la demande de transfert de licences que TQS devra présenter au Conseil canadien de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) suive un "processus allégé". TQS croit que le transfert pourra être fait d'ici la fin juin.
Entre-temps, le réseau réclamera à nouveau, comme d'autres généralistes, le droit de percevoir des redevances d'abonnement auprès des câblodistributeurs, comme le font déjà les canaux spécialisés.
Plus périlleuse sera l'approbation du plan d'arrangement que devra bientôt présenter Remstar aux créanciers, à qui TQS doit plus de 66,1 millions $. Ils devront voter sur la proposition de Remstar d'ici la fin avril.
"Le vrai jeu va commencer quand on va arriver aux créanciers", a noté le juge Journet.
Les parties reviendront en cour lundi prochain afin d'obtenir une prolongation de la protection dont jouit TQS en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.
TQS s'est placé à l'abri de ses créanciers en décembre après que Cogeco et CTV eurent décidé de s'en départir. Au moins neuf investisseurs ont examiné les livres de TQS en vue de l'acquérir.
Un premier syndicat d'employés de TQS s'est déclaré satisfait de la décision de retenir Remstar comme acquéreur.
"C'est une nouvelle intéressante et agréable à entendre", a affirmé le président du syndicat des employés de la salle des nouvelles de Montréal, Luc Bessette, en ajoutant que le personnel a vécu beaucoup d'émotion et d'instabilité au cours des derniers mois.
Remstar est une maison de production et de distribution de disques et de films dirigée par Maxime et Julien Rémillard, fils de Lucien Rémillard, propriétaire de l'hôtel Saint-James, à Montréal.
L'avocat du producteur André Dubois, présent en cour lundi, a qualifié l'arrivée d'un nouvel acheteur de "bonne nouvelle".
Une avocate représentant le producteur et distributeur Alliance Films présentera néanmoins une requête, lundi prochain, afin d'obtenir le paiement d'un montant impayé pour le mois de janvier.
Le titre de Cogeco a clôturé lundi à 28 $, en baisse de 3,5 pour cent. à la Bourse de Toronto.
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