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International | Lundi 16 jun 2008 | 14:05"Non" irlandais: les Vingt-Sept marchent sur des oeufs |
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Par Robert Wielaard, THE ASSOCIATED PRESS
LUXEMBOURG- Comment résoudre l'"incident" irlandais et éviter la paralysie sans isoler un Etat-membre et ses électeurs? Trois jours après le "non" de l'Irlande au traité de Lisbonne, les Vingt-Sept se sont attaqués lundi à ce nouveau casse-tête qui risque d'occuper un certain temps l'Union européenne.Pendant que les ministres des Affaires étrangères planchaient sur le sujet à Luxembourg, à Prague, Nicolas Sarkozy annonçait vouloir se rendre à Dublin pour tenter de trouver une solution à ce problème qui n'est "pas une affaire facile".
"Il faut gérer le 'non' irlandais avec calme, sang-froid, ne pas dramatiser, ne pas minimiser", a expliqué le président français, qui prendra dans quinze jours la présidence de l'Union européenne.
"Ce qui compte, donc, c'est que nous évitions d'accroître les conséquences de la décision irlandaise pour éviter absolument une crise européenne et, en même temps, que nous ne condamnions pas l'Europe à l'immobilisme. Personne ne le comprendrait", a-t-il insisté après des entretiens avec les Premiers ministres tchèque, polonais, hongrois et slovaque, le groupe de Visegrad.
Dès l'annonce des résultats du référendum irlandais, vendredi, Paris et Berlin avaient appelé ensemble à la poursuite de la ratification du traité de Lisbonne. Le président français avait renouvelé samedi son appel pour que "l'incident" ne devienne pas "une crise".
Mais la République tchèque, l'un des huit pays dont les Parlements doivent encore ratifier le texte, a réclamé un peu de temps après le choc du "non". "Je crois que ce temps-là, il faut leur donner", a répondu Nicolas Sarkozy lundi. "Personne ne doit se sentir acculé, de façon à ce que les positions ne se rigidifient pas".
De son côté, le Premier ministre irlandais Brian Cowen a remercié son homologue britannique Gordon Brown pour son soutien en marge d'entretiens à Belfast à l'occasion de la visite du président américain George W. Bush. Il a salué des propos "mesurés et constructifs, qui reconnaissent la nécessité que les Etats-membres de l'UE travaillent ensemble calmement et de façon constructive pour trouver un moyen de gérer les indiscutables difficultés soulevées par les résultats du référendum".
"La position juridique sur le traité européen est très claire, chacun des 27 membres doit signer ou ratifier le traité avant qu'il n'entre en vigueur", avait rappelé le chef du gouvernement britannique à Londres. "Il appartient à chaque membre de décider de son processus pour le faire".
Après le choc des "non" français et néerlandais en 2005, tous les Etats-membres sauf un avaient pris la voie parlementaire, pour ratifier le traité de Lisbonne, version "simplifiée" du traité constitutionnel.
Dix-huit l'avaient déjà ratifié et les parlements de huit pays, la Belgique, les Pays-Bas, la République Tchèque, l'Italie, l'Espagne, Chypre, la Suède et la Grande-Bretagne devaient encore se prononcer. Dans le seul pays à se prononcer via le suffrage universel, l'Irlande, c'est le "non" qui l'a emporté jeudi avec plus de 53%.
A Luxembourg, les chefs de la diplomatie européenne ont aussi assuré à leur collègue irlandais que Dublin ne serait pas écarté de la recherche d'une solution.
Le ministre irlandais des Affaires étrangères Michael Martin a admis que le "non" de son pays avait créé une "situation incertaine" au sein de l'UE, mais demandé qu'il soit respecté. "C'est la décision démocratique du peuple irlandais", avait-il souligné à son arrivée au Conseil affaires générales, avant de mettre en garde contre toute précipitation: "il est trop tôt à mon avis pour commencer à avancer des solutions".
"On ne va pas abandonner un ami", a répondu le Finlandais Alexander Stubb. Pour son collègue allemand Frank-Walter Steinmeier, il n'y a "qu'une seule alternative: continuer le processus de ratification". Mais "nous devons trouver une issue ensemble avec l'Irlande".
"Nous avons besoin du traité de Lisbonne parce que nous voulons élargir l'UE", a rappelé de son côté la chancelière allemande Angela Merkel à Gdansk avec le Premier ministre polonais Donald Tusk à Gdansk. Le texte révise en effet les institutions et le processus de décision au sein du bloc pour l'adapter à l'élargissement: depuis 2004, l'Union est passée de 15 à 27 membres et 495 millions de citoyens. D'où l'ampleur de l'enjeu du traité qui devrait monopoliser le Conseil européen qui s'ouvre jeudi à Bruxelles.
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