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![]() Photo: Miliers de Népalais marchent mercredi à Katmandou. ASSOCIATED PRESS/Mustafa QuraishiInternational | Mercredi 28 mai 2008 | 14:09Le Népal dit adieu à la monarchie |
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Par Binaj Gurubacharya, ASSOCIATED PRESS
KATMANDOU - "Vive la république!" Des dizaines de milliers de Népalais criaient leur joie dans les rues de Katmandou mercredi, jour de l'abolition par la nouvelle Assemblée constituante d'une monarchie vieille de 239 ans, désormais honnie de la population.Mercredi en soirée, l'Assemblée discutait une résolution prévoyant la proclamation de la république dans ce petit pays de l'Himalaya et la fin de ce qui était la seule monarchie hindoue de la planète.
Mais les députés, élus début avril, cherchant à éviter la crise, ont donné dernier roi de la dynastie des Shah 15 jours pour quitter le palais royal de béton rose, au centre de Katmandou.
De jeunes Népalais, brandissant des drapeaux rouges et huant le roi Gyanendra, fêtaient ce qu'ils voient comme le point culminant d'un processus de paix entamé il y a deux ans avec la rébellion maoïste, après que des semaines de grève générale et de manifestations de rue eurent contraint le roi, qui s'était arrogé les pleins pouvoirs, à rétablir la démocratie. Il s'est depuis transformé en reclus, les jours de la monarchie qui unifia le Népal au XVIIIe siècle étant comptés.
Très impopulaire, Gyanendra était monté sur le trône en 2001 à la faveur d'une violente tragédie, qui coûta la vie à son frère le roi et à une bonne partie de la famille royale, massacrés par le prince héritier qui se donna ensuite la mort. Gyanendra avait ensuite tourné le dos à la démocratie en 2005, limogé le gouvernement et dissous le Parlement, au motif de mieux lutter contre l'insurrection maoïste.
Un an plus tard, cette dernière s'intensifiait, l'économie s'effondrait et le roi était contraint de restaurer la vie démocratique. La rébellion renonçait à dix années de guérilla pour une république communiste et s'alliait aux partis politiques classiques contre l'autoritarisme royal.
Les maoïstes sont désormais majoritaires à l'Assemblée constituante chargée de réécrire la loi fondamentale, devant le Parti du Congrès et le Parti communiste (unifié marxiste-léniniste).
Gyanendra a cependant dit qu'il refuserait de prendre le chemin de l'exil, mais gardait un silence total mercredi, alors que les députés s'apprêtaient à proclamer solennellement la république.
Si elle est hautement symbolique, l'abolition de la monarchie n'est pourtant que le plus facile des dossiers qu'auront à gérer les nouveaux maîtres républicains de Katmandou, dans un pays sous-développé et enclavé, vivant par certains aspects encore au Moyen-Age, où la violence politique continue de faire rage et où les dissensions entre partis sont loin d'être réglées.
Malgré une imposante présence policière, quatre attentats ont secoué la capitale népalaise depuis le début de la semaine. Les maoïstes disent avoir également mobilisé 20.000 bénévoles de leur mouvement de jeunesse pour aider à maintenir l'ordre: ce qui n'est guère fait pour rassurer la population, ces jeunes maoïstes étant connus pour leur brutalité et pour parfois tout bonnement assassiner ceux qui s'opposent à eux.
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