Corus Nouvelles, l'actualité en temps réel

Carte du site

International
Accueil / International

Moscou promet de commencer à retirer à partir de lundi ses forces en Géorgie

Photo: Un soldat russe passe en marchant des bâtiments détruits pendant le combat à Tskhinvali, samedi. ASSOCIATED PRESS/Sergei Grits

International | Dimanche 17 aoû 2008 | 16:09

Moscou promet de commencer à retirer à partir de lundi ses forces en Géorgie

» Options
» Taille du texte
Taille par defaut 12pt 14pt

Par Christopher Torchia, ASSOCIATED PRESS

GORI, Géorgie - Dimitri Medvedev a promis dimanche d'entamer lundi le retrait des forces russes en Géorgie, tout en laissant entendre qu'un contingent pourrait continuer à stationner dans la province séparatiste d'Ossétie du Sud. La présidence française de l'Union européenne a tapé du poing sur la table, mettant le chef du Kremlin en garde contre les "conséquences graves" d'une non-exécution rapide de l'accord de cessez-le-feu.

Plusieurs milliers de militaires russes, appuyés par des centaines de chars, étaient entrés dans la province du nord du pays la semaine dernière pour repousser une offensive de l'armée géorgienne contre les séparatistes ossètes pro-russes, dans la nuit du 7 au 8 août. Les troupes de Moscou ont ensuite pris position en Géorgie, allant jusqu'à s'approcher de la capitale Tbilissi.

Les forces russes, a assuré dimanche le président russe Dimitri Medvedev, entameront lundi leur retrait pour se replier en Ossétie du Sud. Dans un communiqué, le Kremlin a fait état d'un entretien téléphonique Medvedev-Sarkozy, au cours duquel le président russe a expliqué à son homologue français que ses forces se retireraient vers la "frontière" de facto entre l'Ossétie du Sud et la Géorgie.

Le communiqué du Kremlin précise que les forces russes se dirigeront vers la ligne séparant l'Ossétie du Sud de la Géorgie, délimitée en 1999 dans le cadre de l'accord de maintien de la paix accepté par les parties prenantes. Mais Dimitri Medvedev n'a pas mentionné un retour vers la Russie, et laissé entendre qu'un contingent significatif pourrait rester en Ossétie du Sud. Moscou a fourni au cours des dernières années des passeports russes à une grande partie de la population en Ossétie du Sud, et justifié notamment son intervention militaire par la nécessité de protéger ses ressortissants.

Sur le terrain, les forces russes tenaient toujours dimanche le principal axe routier est-ouest géorgien, et les villes de Gori (centre), de Sennaki à l'ouest, le port de Poti sur la mer Noire et l'accès à l'Abkhazie. Selon le président du Conseil géorgien de sécurité, Alexandre Lomaïa, les forces russes "étendent géographiquement leur présence militaire".

Plusieurs barrages russes étaient maintenus sur la route entre Gori et Igoeti, à 50km à l'ouest de Tbilissi. Des blindés étaient dissimulés sous des branchages sur le côté de la route, tandis que des soldats étaient toujours retranchés sur des hauteurs non loin d'Igoeti, derrière des remparts construits au cours des derniers jours.

Les forces russes semblent avoir procédé à des regroupements dans la perspective du retrait annoncé par Dimitri Medvedev. A l'entrée de Gori, ainsi, quelques véhicules militaires étaient encore présents mais on ne voyait plus de blindés. La ville elle-même apparaissait moins fortifiée qu'au cours des jours précédents, et la présence militaire russe semblait allégée, avec quelques blindés.

Presque tous les magasins étaient fermés, et les rues presque vides. L'ambassadeur de France en Géorgie Eric Fournier, qui s'est rendu samedi à Gori, a souligné la situation dramatique de la population civile, à qui "il faut donner à manger". Les civils peu nombreux encore présents, surtout des femmes et des enfants, se cachent par peur des pillards, a-t-il expliqué.

A Paris, le président français Nicolas Sarkozy a "mis en garde" dimanche matin au téléphone son homologue russe "contre les conséquences graves qu'une non-exécution rapide et complète de l'accord (de cessez-le-feu) aurait sur les relations de la Russie avec l'Union européenne", selon un communiqué de l'Elysée.

M. Sarkozy, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'Union européenne, a rappelé à M. Medvedev que la signature de l'accord de cessez-le-feu en six points "doit se traduire par un retrait sans délai de toutes les forces militaires russes entrées en Géorgie depuis le 7 août", poursuit le communiqué. Selon l'Elysée, le président Medvedev a déclaré à Nicolas Sarkozy que le retrait des forces russes commencerait lundi à la mi-journée.

Ce retrait doit être effectué "sans délai", a réaffirmé Nicolas Sarkozy dans une tribune publiée dimanche soir par le site Web du journal "Le Figaro". Rappelant que son homologue russe lui a donné des "assurances", le président français a souligné que le retrait "doit concerner toutes les forces russes qui sont entrées en Géorgie depuis le 7 août".

"Si cette clause de l'accord de cessez-le-feu n'était pas appliquée rapidement et totalement, je serais amené à convoquer un Conseil européen extraordinaire pour décider des conséquences à en tirer", prévient M. Sarkozy. A Washington, la sécrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a déclaré espérer que le président russe "tienne, cette fois, sa promesse". Car pour le moment, "La Russie ne se conforme pas au cessez-le-feu".

Comme George W. Bush et Condoleezza Rice au cours des derniers jours, le secrétaire à la Défense Robert Gates a de son côté évoqué à son tour dimanche une révision des relations entre Washington et Moscou. La Russie apparaît "revenir à son passé", a-t-il lancé. "Nous avons travaillé dur pour les amener dans la communauté des nations. Nous pensions qu'ils allaient dans cette direction. Il va nous falloir maintenant réévaluer tout cela", selon M. Gates.

Envoyer Envoyer Imprimer Imprimer