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International | Lundi 08 sep 2008 | 13:17Moscou accepte de se retirer de Géorgie, mais pas avant un mois |
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Par Vladimir Isatchenkov, THE ASSOCIATED PRESS
MOSCOU - Le "oui, mais pas tout de suite" de Moscou: le président russe Dimitri Medvedev a accepté lundi le principe d'un retrait de ses troupes de Géorgie d'ici un mois, à l'exception des provinces séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, après le déploiement de 200 observateurs européens d'ici au 1er octobre.Il a par ailleurs annoncé, lors d'une conférence commune à Moscou avec son homologue français Nicolas Sarkozy, que des pourparlers internationaux sur la sécurité en Ossétie du Sud commenceraient le 15 octobre à Genève. Ces discussions porteront sur "les modalités de sécurité et de stabilité dans la région", ainsi que sur la question des réfugiés, a-t-il précisé.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le chef de la diplomatie européenne Javier Solana et Nicolas Sarkozy ont négocié pendant quatre heures avec le président russe pour obtenir l'application de l'accord de cessez-le-feu négocié le 12 août dernier, et principalement le départ des troupes russes.
Tout en affirmant que son pays respectait cet accord "sur tous les plans", Dimitri Medvedev a regretté de ne pas pouvoir "dire la même chose de la partie géorgienne". Tbilissi "essaie de rétablir son potentiel militaire avec l'assistance active de certains de nos partenaires, notamment les Etats-Unis", a-t-il accusé en référence à l'arrivée de navires américains en Géorgie.
Les deux chefs d'Etat ont annoncé le retrait total, d'ici un mois, des forces militaires russes du territoire géorgien, hors Ossétie du Sud et Abkhazie. Un retrait toutefois conditionné à l'arrivée, au plus tard le 1er octobre, d'au moins 200 observateurs de l'Union européenne. M. Medvedev a précisé que le retrait de ses troupes surviendrait dans les dix jours suivant ce déploiement.
La "troïka" européenne et le président russe se sont également mis d'accord pour que soient levés d'ici sept jours tous les check-points entre Poti, le grand port sur la Mer Noire, où les Russes sont toujours déployés, et Senaki, plus à l'ouest.
Le maître du Kremlin a lié ce retrait à une lettre d'engagement de non-recours à la force de la part de Mikhaïl Saakachvili. Nicolas Sarkozy a affirmé avoir remis à son homologue russe un courrier du président géorgien "s'engageant à ne pas recourir à la force en Abkhazie". Il a ajouté que le même engagement pour l'Ossétie du Sud était "recouvert par l'accord du 12 août".
L'accord prévoit par ailleurs "l'achèvement du retour des forces armées géorgiennes dans leur lieu de cantonnement d'ici le 1er octobre 2008", ainsi que le maintien des missions d'observation de l'ONU et de l'OSCE dans leurs "zones de responsabilité".
Le président Sarkozy a ajouté que si le document présenté ce lundi entrait en vigueur, il n'y avait "aucune raison" pour que les discussions sur le partenariat stratégique UE-Russie "ne reprennent pas dès le mois d'octobre". Ces pourparlers avaient été gelés lors du Conseil européen du 1er septembre après la décision russe de reconnaître l'indépendance des deux provinces.
"Nous voulons un partenariat, nous voulons la paix", a ajouté le chef de l'Etat. "Qui peut imaginer que ça arrangerait les affaires du monde qu'il y ait une opposition entre l'Union européenne et la Russie?", s'est interrogé M. Sarkozy, en affirmant que cet accord représentait "le maximum de ce qu'on pouvait faire".
Dimitri Medvedev a pour sa part une nouvelle fois défendu sa décision de reconnaître l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. "Ce choix est définitif et sans retour", a-t-il prévenu, estimant que "deux nouveaux Etats" étaient apparus sur la scène internationale. "Tout change dans ce monde, y compris les positions concernant la non-reconnaissance de tel ou tel Etat", a-t-il lancé, se disant "convaincu" que le processus de reconnaissance des deux régions va s'accélérer.
A ce sujet, Nicolas Sarkozy a évoqué "un point de désaccord". "Nous considérons que ce n'était pas à la Russie de reconnaître unilatéralement l'indépendance. Il y a des règles internationales, il faut les respecter", a insisté le chef de l'Etat.
Après ces entretiens qui se sont déroulés dans la résidence présidentielle de Mayendorff, près de Moscou, les trois représentants de l'UE devaient gagner Tbilissi en fin d'après-midi.
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