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Moody's désespère devant la situation financière de l'UQAM

Économie | Vendredi 05 sep 2008 | 17:13

Moody's désespère devant la situation financière de l'UQAM

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Par Sylvain Larocque, LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL - Le pessimisme de Moody's croît à l'égard de l'Université du Québec à Montréal (UQAM): l'agence de notation américaine a fait passer de "stables" à "négatives", vendredi, les perspectives financières de l'institution.

Moody's pourrait donc, au cours des prochains mois, réduire la cote de crédit de l'université, qui est actuellement de Baa3, soit tout juste un cran au-dessus des obligations de pacotille ("junk bonds").

La décision "reflète l'absence de progrès dans la réorientation du plan d'immobilisations de l'université ainsi que dans l'établissement d'un plan de redressement budgétaire", a indiqué l'agence dans un communiqué.

Par conséquent, la situation financière de l'UQAM n'a connu "aucune amélioration" et "menace de se détériorer davantage", estime Moody's.

La cote de crédit de l'université s'est détériorée au cours des dernières années à cause de la déroute de ses projets immobiliers, plus particulièrement celui de l'îlot Voyageur, un complexe qui reste à l'abandon en plein centre-ville de Montréal après de nombreux dépassements de coûts.

Moody's relève que l'UQAM dispose de ressources financières "modestes" pour faire face à ses difficultés au plan des liquidités. La dette de l'institution équivaut à 164 pour cent de ses recettes annuelles, soit l'un des ratios les plus importants des universités canadiennes notées par l'agence new-yorkaise.

Selon Moody's, même si des négociations ont eu lieu entre l'UQAM et le promoteur du projet Voyageur, la firme Busac, sous la responsabilité de l'ancien premier ministre Lucien Bouchard, "aucun progrès ne semble avoir été effectué" quant à la réorientation du plan d'immobilisations de l'institution.

Et même si le ministère de l'Education s'est engagé, il y a un an, à assumer les conséquences financières de l'îlot Voyageur, les détails de cette annonce "demeurent indéterminés", déplore Moody's.

Comme si ce n'était pas assez, la stagnation des effectifs et l'augmentation des charges de fonctionnement ont exercé une pression additionnelle sur la performance de l'UQAM, note l'agence.

A la demande du ministère de l'Education, l'UQAM a présenté plusieurs plans de redressement budgétaire au cours de la dernière année, mais Québec les a tous refusés, en plus de retenir des subventions conditionnelles totalisant environ 65 millions $.

L'UQAM doit recourir à une marge de crédit d'environ 275 millions $ afin d'assurer ses activités de fonctionnement et d'investissement, rappelle Moody's. L'utilisation de cette marge de crédit a fortement augmenté au cours des dernières années.

La probabilité est néanmoins "élevée" que le gouvernement du Québec intervienne dans l'éventualité où l'UQAM éprouverait un besoin immédiat de liquidités, reconnaît l'agence de notation.

Il a été impossible de joindre le porte-parole de la ministre de l'Education, Michelle Courchesne, vendredi.

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