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Le marché s'inquiète de la baisse des commandes chez Bombardier

Économie | Jeudi 04 sep 2008 | 18:05

Le marché s'inquiète de la baisse des commandes chez Bombardier

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Par Sylvain Larocque, LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL - Tout en annonçant des résultats étincelants pour son deuxième trimestre, Bombardier (TSX:BBD.B) a prévenu jeudi que le niveau des commandes d'avion diminuerait au cours des prochains mois, ce qui a contribué à faire chuter l'action du constructeur.

Le titre de la multinationale québécoise a plongé de sept pour cent pour clôturer à 7,81 $ jeudi, à la Bourse de Toronto. En dépit de cette baisse, le titre s'est apprécié de 10,5 pour cent en un mois et de 31 pour cent depuis le début de l'année.

Pour la période terminée le 31 juillet, Bombardier a déclaré des profits nets de 246 millions $ US (14 cents US par action), alors qu'au trimestre correspondant de l'an dernier, l'entreprise avait essuyé une perte de 71 millions $ US (5 cents US par action).

Le chiffre d'affaires a atteint 4,9 milliards $ US, en hausse de 22 pour cent. Le carnet de commandes se chiffrait à 57,2 milliards $ au 31 juillet, comparativement à 53,6 milliards $ au 31 janvier.

Le bénéfice d'exploitation du secteur Aéronautique s'est établi à 238 millions $, en hausse de 79 pour cent. Ses revenus ont crû de 13,6 pour cent à 2,5 milliards $.

Bombardier a reçu 175 commandes nettes d'avions au cours du trimestre, en légère baisse par rapport aux 187 commandes enregistrées pendant la même période de l'an dernier. Le président et chef de l'exploitation de Bombardier Aéronautique, Guy Hachey, a souligné jeudi qu'un sommet avait été atteint, du moins à moyen terme.

"Oui, il y aura une légère réduction du nombre de commandes pendant un certain temps", a déclaré M. Hachey au cours de la téléconférence avec les analystes financiers. Il a précisé que le ralentissement pourrait durer jusqu'à deux ans dans le secteur des biréacteurs d'affaires, sans donner de laps de temps pour les avions régionaux.

Il faut dire que ces derniers mois, le carnet de commandes de Bombardier Aéronautique a considérablement grossi, grâce surtout à la vive demande pour les jets d'affaires et les turbopropulsés Q400. Une telle situation ne pouvait durer indéfiniment.

Du côté des jets régionaux de la série CRJ, la demande a faibli ces derniers mois en raison des difficultés des sociétés aériennes attribuables à la flambée des prix du carburant. Bombardier croit toutefois que cela ne durera pas en raison de la nécessité pour les transporteurs de renouveler leurs flottes et de l'ambition de plusieurs pays émergents de se constituer des réseaux de transport aérien.

"Nous nous attendons à ce que la demande soit forte pour la prochaine décennie", a affirmé Guy Hachey, en rappelant que le carnet de commandes de Bombardier Aéronautique demeurait élevé et allait continuer de croître.

CSeries

L'optimiste semble encore plus grand pour ce qui est de la future famille d'avions de 100 à 149 places, la CSeries, lancée en juillet au salon aéronautique de Farnborough, au Royaume-Uni. Les observateurs s'étaient alors montrés déçus que Bombardier ne dévoile qu'une lettre d'intérêt du transporteur allemand Lufthansa pour 30 commandes fermes et 30 options.

Lufthansa n'est plus intéressé à devenir le client de lancement de la CSeries, mais compte toujours officialiser ses commandes d'ici la fin de l'année. M. Hachey a révélé jeudi que Bombardier était en pourparlers avec plusieurs autres transporteurs désireux de mettre la main sur les premiers appareils. On vise toujours la fin 2013 pour l'entrée en service.

"Nous avons une longue liste de clients potentiels et certains d'entre eux s'approchent de plus en plus de la conclusion d'une entente, a-t-il indiqué. (...) Je ne pense pas que les commandes présenteront un problème majeur pour la CSeries."

Bombardier ne se montre pas inquiet, non plus, de la décision du géant américain Boeing de monter à bord du projet d'avion régional piloté par le japonais Mitsubishi Heavy Industries, en collaboration avec le constructeur automobile Toyota. La gamme d'appareils de 70 à 90 places, qui doit entrer en service en 2013, concurrencera les CRJ.

Guy Hachey a reconnu jeudi que Bombardier Aéronautique devait poursuivre ses efforts pour améliorer son service après-vente. Dans un palmarès publié le mois dernier, le magazine américain "Professional Pilot" a une fois de plus classé Bombardier au cinquième rang dans le segment des avions d'affaires, derrière Gulfstream, Cessna, Dassault et Hawker Beechcraft.

"Nous ne sommes pas satisfaits de ne pas avoir fait plus de progrès à cet égard", a admis M. Hachey.

A ses yeux, Bombardier doit améliorer ses procédures d'ingénierie et de construction tout en respectant mieux les dates prévues de livraison des appareils.

Bombardier suit par ailleurs de près la société germano-suisse Grob Aerospace, qui s'est placée sous la protection de ses créanciers en juillet. Grob est un important partenaire dans le développement du nouveau biréacteur d'affaires LearJet 85, le premier avion tout en matériaux composites du constructeur montréalais. Bombardier évalue toutes les possibilités, y compris celle de trouver un autre partenaire et celle d'investir dans Grob.

Rail

Pour sa part, la division ferroviaire, Bombardier Transport, a enregistré un bénéfice d'exploitation de 120 millions $ US au deuxième trimestre, comparativement à une perte de 82 millions $ US l'an dernier (attribuable à une charge découlant du projet Metronet, au Royaume-Uni). Les revenus ont crû de 33,3 pour cent pour s'élever à 2,4 milliards $ US. Les segments des trains régionaux et des locomotives ont largement contribué à cette progression, tout comme l'incidence positive des taux de change.

Bombardier Transport espère remporter des contrats dans la foulée des Jeux olympiques de Sochi, en Russie, en 2014, et pour le projet de tramway de Saint-Pétersbourg.

Concernant le tramway de Toronto, le président et chef de l'exploitation de Bombardier Transport, André Navarri, a assuré que l'entreprise avait "de très bonnes chances" et qu'elle allait se "battre" pour obtenir le mandat.

Bombardier espère toujours que les agences de notation rétabliront sa cote de crédit de qualité supérieure ("investment grade"). L'entreprise devra décider si elle affecte ses liquidités croissantes exclusivement au remboursement de sa dette à long terme ou si elle en consacrera une partie au financement des caisses de retraite de ses employés.

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