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International | Lundi 29 sep 2008 | 07:20Des législatives bélarusses à l'épreuve de la démocratie |
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Par Yuras Karmanau, THE ASSOCIATED PRESS
MINSK - Dénonçant une "farce électorale", l'opposition bélarusse, dont aucun candidat n'a été élu dimanche, a appelé lundi les Etats-Unis et l'Union européenne à ne pas reconnaître les résultats des élections législatives pour lesquelles le président Alexandre Loukachenko avait promis un respect des règles démocratiques occidentales.Les autorités électorales ont néanmoins soutenu que ces élections avaient été libres et équitables, et ce bien qu'aucun des 70 candidats de partis d'opposition n'ait obtenu un siège à la chambre basse du Parlement, comme il ressort après dépouillement du scrutin dans les 110 circonscriptions du pays.
"L'opposition n'est plus à la mode", a ironisé la cheffe de la Commission électorale centrale Lidia Iermochina. Selon elle, le taux de participation s'est pourtant élevé à plus de 75% des électeurs inscrits.
"On ne peut pas dire que l'opposition ait perdu puisqu'il n'y a pas eu d'élection", a rectifié Valentin Sviatskaïa, du Front populaire bélarusse.
"Il n'y a pas eu d'élection au Bélarus. C'était une farce électorale à l'attention de l'Occident", a commenté Anatoli Lebedko, chef du Parti civil uni (opposition). "On continue d'assister au Bélarus à une pièce de théâtre avec un seul acteur", a renchéri Sergueï Kaliakine, haut responsable communiste allié de l'opposition. "Il sera difficile à l'Occident de passer outre ses principes pour reconnaître ces élections."
L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a envoyé quelque 400 observateurs pour ce scrutin, devait faire connaître son évaluation lundi après-midi.
"L'opinion publique européenne a placé de grands espoirs en cette élection et en attend des résultats positifs", a averti Anne-Marie Lizin, coordinatrice de l'OSCE sur place.
Les Etats-Unis et l'Union européenne avaient promis d'envisager la levée des sanctions imposées au Bélarus si Alexandre Loukachenko faisait la démonstration de volonté d'ouverture.
L'Occident s'est montré plus réceptif aux engagements démocratiques d'Alexandre Loukachenko depuis que la Russie a envahi la Géorgie, située à sa frontière.
L'Occident ne doit pas "fermer la porte" au gouvernement bélarus, même si l'élection n'a pas été libre, avait plaidé avant le scrutin Alexandre Kozouline, opposant de premier plan libéré de prison le mois dernier. Mais après la proclamation des résultats, il semblait amer: "Alexandre Loukachenko a lui-même fermé la porte que l'Occident a tenté d'ouvrir pour lui."
Dès la fermeture des bureaux de vote, environ 500 opposants se sont rassemblés sur la place centrale de Minsk, la capitale bélarusse, pour protester contre le vote "truqué". Beaucoup portaient des drapeaux de l'Union européenne.
"Nous sommes fatigués de vivre dans la peur, nous sommes las de la répression", a déclaré Natalia Kourilovitch, 34 ans. "Je suis fatiguée que Loukachenko vole les votes. Je veux un avenir européen pour mes enfants."
Quelques centaines de jeunes manifestants ont marché en direction du quartier général de l'ex-KGB et scandé "Honte!" devant le bâtiment, avant de revenir sur la place centrale.
Les protestations ont pris fin pacifiquement environ trois heures après avoir commencé. Aucun policier en uniforme n'était visible, mais il semble que des agents en civil étaient présents dans la foule.
Au total, 263 candidats, dont 70 de l'opposition, étaient en lice pour ces élections législatives. Il y a quatre ans, l'opposition n'avait pas été autorisée à participer au vote.
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