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John McCain en héraut du «changement» à Washington

Photo: L'heure du changement a sonné, a averti jeudi soir John McCain en acceptant son investiture comme candidat républicain à la présidence des Etats-Unis. THE ASSOCIATED PRESS/Susan Walsh

International | Vendredi 05 sep 2008 | 08:04

John McCain en héraut du «changement» à Washington

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- Par David Espo Et Robert Furlow , THE ASSOCIATED PRESS

SAINT PAUL, Minnesota - L'heure du changement a sonné, a averti jeudi soir John McCain en acceptant son investiture comme candidat républicain à la présidence des États-Unis. L'ancien prisonnier de guerre au Vietnam a lancé sa campagne pour la Maison Blanche en promettant d'être un président d'ouverture et de vaincre la «rancoeur partisane constante» à Washington.

Pour le sénateur de l'Arizona, l'élection du 4 novembre sera le scrutin de la dernière chance. En 2000, il avait perdu le pari de son investiture par le Parti de l'éléphant face à un certain George W. Bush. S'il est élu, McCain deviendra à 72 ans le candidat le plus âgé à entamer un premier mandat de l'histoire présidentielle américaine.


«Je lance à l'avance cet avertissement au vieux personnel de Washington qui ne fait que voter des dépenses somptuaires d'abord pour eux-mêmes: le changement arrive», a-t-il assuré dans son discours qui clôturait la convention républicaine qui s'était ouverte lundi.


Dans un Excel Energy Center de Saint-Paul (Minnesota) entièrement acquis à sa cause, celui qui se présente comme un «franc-tireur» a vilipendé l'establishment politique. «Nous avons été élus pour changer Washington et nous laissons Washington nous changer. Nous avons perdu la confiance du peuple américain lorsque certains républicains ont succombé aux tentations de la corruption». La Chambre des Représentants a basculé dans le giron démocrate il y a deux ans.


John McCain n'a évoqué qu'en passant le président actuel - et impopulaire - rappelant simplement que George W. Bush avait permis aux Etats-Unis de surmonter la difficile période qui avait suivi les attentats du 11 septembre 2001.


McCain s'est présenté comme la seule alternative, le 4 novembre prochain, pour les électeurs qui souhaitent en finir avec l'immobilisme de Washington. «On m'a qualifié de franc-tireur», a noté celui qui a eu plusieurs accrochages avec des membres républicains du Congrès. «Parfois c'est dit comme un compliment et parfois non. Ce que ça signifie réellement, c'est que je sais pour qui je travaille». «Je ne travaille pas pour un parti», a-t-il poursuivi. "Je ne travaille pas pour moi-même. Je travaille pour vous".


«Après notre victoire, nous tendrons la main à tous les patriotes de bonne volonté», a-t-il déclaré en promettant d'inviter des démocrates et des indépendants à servir au sein de son administration.


Dans son discours d'un peu moins d'une heure, il s'est étendu sur son expérience en tant que sénateur avec quatre mandats mais a surtout insisté sur ses années de guerre au Vietnam. «Je suis tombé amoureux de mon pays quand j'étais prisonnier dans un autre pays que le mien (...) Je ne m'appartenais plus. J'appartenais à mon pays», a souligné celui qui a passé cinq ans dans une prison de Hanoï.


Le candidat républicain à la Maison Blanche a rapidement évoqué la guerre d'Irak, un conflit auquel son adversaire démocrate Barack Obama a promis de mettre un terme: «Je me suis toujours battu pour la meilleure stratégie et pour plus de troupes en Irak, alors même que cela n'était pas populaire. Et quand les experts ont prédit que cela me ferait perdre la campagne, j'ai rétorqué préférer perdre une élection que voir mon pays perdre une guerre».


Dans l'une des rares références directes à son adversaire démocrate, il a critiqué le programme économique de Barack Obama: «Je maintiendrai les impôts à un niveau bas et je les réduirai où je pourrai. Mon adversaire les augmentera. Je réduirai les dépenses publiques. Il les augmentera».


Il a pris la défense de sa colistière Sarah Palin, la gouverneure de l'Alaska devenue la veille la première candidate républicaine au poste de vice-président. «Elle se lève pour ce qui est juste et elle ne laisse personne lui dire de se rasseoir», s'est-il félicité.


Après ce discours, John McCain et Sarah Palin ont immédiatement quitté la convention, à destination du Wisconsin, première étape de leur tournée des 50 Etats américains.


Les derniers sondages indiquent une course serrée entre McCain et Obama, 47 ans. L'élection devrait se décider dans les Etats clefs, susceptibles de faire basculer l'élection, éparpillés dans le Midwest industriel et le Sud-Ouest.


Réagissant au discours du candidat républicain, Bill Burton, le porte-parole de Barack Obama, a souligné: «Il a réprimandé la vieille bande de ceux qui ne font rien à Washington mais il a oublié que cela fait 26 ans qu'il fait partie de cette bande et qu'il s'est opposé à des solutions sur la santé, l'énergie et l'éducation».

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