
National | Dimanche 03 aoû 2008 | 15:18Jean Charest freine l'ardeur des jeunes libéraux à créer un Québec bilingue |
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Par Jocelyne Richer, LA PRESSE CANADIENNE
SHERBROOKE - Le Québec bilingue, tel que rêvé par les jeunes libéraux, n'adviendra pas de sitôt.Le premier ministre Jean Charest a rappelé à l'aile jeunesse de son parti, dimanche, que le français au Québec était une chose sacrée, dont on ne pouvait pas disposer impunément, surtout pas à l'école.
Il s'est donc empressé, au terme du 26e congrès de la commission-jeunesse de Parti libéral du Québec (PLQ), de tuer dans l'oeuf une des principales résolutions adoptées durant le week-end, soit d'implanter le bilinguisme intégral en 6e année du primaire pour tous les élèves québécois.
"C'est une mission sacrée que de protéger, de s'assurer de la pérennité de la langue française au Québec", a-t-il répondu, quand on lui a demandé quand son gouvernement avait l'intention d'implanter le bilinguisme intégral à la fin du primaire, soit la moitié de l'année en français pour toutes les matières et l'autre moitié en anglais.
Les jeunes libéraux sont même passés à un cheveu, par un vote très serré, samedi, de suggérer que tous les élèves du primaire, de la 1ère à la 6e année, passent la moitié du temps en classe en immersion totale anglaise.
M. Charest a donc freiné leur ardeur à édifier un Québec bilingue.
Dans son allocution, puis en conférence de presse, le premier ministre a insisté pour rappeler que chaque fois qu'il est question de l'apprentissage de la langue au Québec, il faut commencer par affirmer l'Importance de la langue française.
A l'école, "l'objectif fondamental est la maîtrise de la langue française" et il faut que ce soit clair "dans l'esprit de toute le monde", a-t-il dit, tout en favorisant l'apprentissage d'une deuxième et d'une troisième langue.
Pour ce qui est de l'apprentissage de l'anglais comme langue seconde, il a passé le ballon au ministère de l'Education, chargé de définir les meilleurs moyens d'atteindre ce but, s'est-il contenté de dire.
Pour le reste, quand on regarde les autres enjeux défendus par leur exécutif, les jeunes libéraux sont également repartis de Sherbrooke bredouilles, le premier ministre leur ayant réservé une douche froide.
Car il a pris beaucoup de distance des autres résolutions controversées, comme celle visant à tripler les frais de scolarité afin de mieux financer les universités et celles ayant pour objectif de favoriser une plus grande démocratie syndicale.
Pour ce qui est des frais de scolarité, il a rappelé que son gouvernement avait procédé au dégel l'an dernier (à raison de 50$ par session jusqu'en 2012) et que la résolution des jeunes "cheminerait dans les instances du parti".
Les jeunes voulaient que le Québec s'aligne sur la moyenne canadienne, ce qui aurait porté à environ 6000 $ le coût d'une année universitaire. Ils prônaient l'idée de permettre aux étudiants d'étaler le paiement des frais de scolarité, à la fois pendant les études et après, une fois rendus sur le marché du travail.
Sur la question des droits des travailleurs, par rapport aux instances syndicales, le premier ministre a commencé par rappeler qu'il existait actuellement une "paix syndicale" au Québec, où on compte peu de conflits de travail, et visiblement, il n'a pas du tout l'intention de mettre le doigt dans cet engrenage.
"Les syndicats sont des partenaires avec qui nous voulons travailler", a-t-il soutenu, sur un ton qui tranchait radicalement avec le discours tenu par le président de l'aile jeunesse, François Beaudry, tout le week-end.
Aucun changement ne sera fait sans consultation des centrales syndicales, a dit M. Charest.
Durant le week-end, les jeunes libéraux ont réussi à se mettre à dos les groupes de jeunes, l'aile jeunesse des associations syndicales et les associations étudiantes.
Plusieurs porte-parole de ces groupes s'étaient pointés à l'Université de Sherbrooke, dimanche matin, pour exprimer leur désaccord profond avec les positions adoptées par les jeunes libéraux.
Ils n'ont pas apprécié voir les jeunes libéraux se prononcer en faveur d'une plus grande "démocratie syndicale", qui inclut le pouvoir d'un travailleur de porter plainte contre son syndicat devant la Commission des relations de travail et de rendre obligatoire le vote secret lors de grève ou d'accréditation syndicale.
"Ironiquement, la résolution sur le vote secret a été prise à main levée", est venu dire le président du comité-jeunes de la FTQ, Dominic Lemieux,
M. Lemieux s'est dit étonné du manque de sérieux des jeunes libéraux, qui ne comprennent pas la mécanique syndicale, selon lui.
Quelque 700 jeunes âgés entre 16 et 25 ans ont participé au congrès.
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