
National | Mercredi 26 mar 2008 | 16:53Gilles Duceppe souhaite que les surplus fédéraux soient placés dans une fiducie |
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Par Fannie Olivier, LA PRESSE CANADIENNE
MONTREAL - Gilles Duceppe propose que près des trois quarts des surplus du gouvernement fédéral soient placés dans une fiducie plutôt que d'aller au service de la dette.Décriant ce qu'il qualifie de "fanatisme budgétaire" de la part de Stephen Harper, le chef bloquiste a exprimé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mercredi, son souhait de voir sept des 10 milliards $ de surplus pour 2007-2008 être placés dans une fiducie qui servirait à relancer l'économie.
Selon lui, l'heure n'est plus aux économies, mais plutôt aux investissements, alors que les secteurs manufacturier et financier sont confrontés à une importante crise.
"Il y a 10 milliards $ qui sont disponibles, dès maintenant, et le gouvernement Harper a décidé de tout mettre sur la dette. C'est une décision irresponsable", a-t-il lancé devant plusieurs dizaines de représentants de la Chambre de commerce.
M. Duceppe est d'avis que la dette n'est plus le fardeau qu'elle a déjà constitué et qu'elle ne mérite pas l'attention que les conservateurs lui accordent. Il souligne que si le gouvernement fédéral place les surplus, qui atteignent 10,2 milliards cette année, au service de la dette, cette dernière ne représentera plus que 27,5 pour cent du PIB en 2010. C'est de loin le meilleur ratio des pays du G-7.
Dans son discours, le chef du Bloc québécois a déploré le déséquilibre fiscal qui, selon lui, fait en sorte que la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, doive gratter les fonds de tiroir seulement pour être en mesure de maintenir l'équilibre budgétaire au Québec, alors que son homologue fédéral "nage" dans les surplus.
L'argent placé dans une fiducie pourrait servir à hausser les transferts fédéraux destinés à l'éducation post-secondaire, à investir dans la recherche, à former la main-d'oeuvre et à investir dans la culture. M. Duceppe a également plaidé en faveur d'une bourse de carbone qui servirait à réduire la dépendance du pays envers le pétrole.
A son avis, le plan vert du ministre de l'Environnement, John Baird, ne prend pas en compte les efforts déployés par les alumineries et les usines de pâtes et papiers au Québec pour améliorer leur bilan environnemental et permettra aux pétrolières de continuer à augmenter leur émissions de pétrole.
"Non seulement il ne reconnaît pas les efforts passés du Québec, mais il nous impose un fardeau qui devrait revenir à l'industrie des hydrocarbures."
Les investissements issus de la fiducie constitueraient des progrès qui permettraient au Québec de se rapprocher de la souveraineté, a conclu M. Duceppe, ne soulignant, qu'à la toute fin de son discours, que la souveraineté demeurait la solution optimale.
Interrogé à ce sujet, le chef bloquiste s'est défendu de mettre le projet de l'indépendance du Québec de côté.
"Il ne s'agit pas de répéter le plus souvent le mot souveraineté pour démontrer qu'on l'est (souverainiste). (...) Ce sont des incantations", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il n'était pas du genre à proférer des incantations.
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