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La Géorgie et la Russie au bord de la guerre en Ossétie du Sud

International | Vendredi 08 aoû 2008 | 15:57

La Géorgie et la Russie au bord de la guerre en Ossétie du Sud

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Par Moussa Sadoulaïev, THE ASSOCIATED PRESS

DJAVA, Géorgie - La Géorgie a lancé vendredi une offensive militaire de grande envergure pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, dans le nord du pays. Moscou, qui soutient cette région séparatiste, a déployé en réponse un convoi de blindés, laissant craindre l'éclatement d'un conflit armé majeur entre la Géorgie pro-occidentale et la Russie.

Les témoignages faisaient état de nombreuses victimes et de destructions matérielles importantes dans les pires combats de la région depuis que l'Ossétie du Sud a obtenu son indépendance de fait lors d'une guerre contre le pouvoir central de Tbilissi en 1992. La capitale régionale, Tskhinvali, serait dévastée.

La Russie a accusé les troupes géorgiennes d'avoir tué dix de ses soldats de maintien de la paix stationnés dans la région, alors que la Géorgie a affirmé que l'aviation russe a bombardé plusieurs villages et une base aérienne, détruisant des avions et faisant plusieurs victimes. Tbilissi a également déclaré avoir abattu quatre avions de combats russes au-dessus de son territoire, une information que Moscou n'a pas commentée.

Les Etats-Unis, l'OTAN et l'Union européenne ont appelé les protagonistes à la retenue, les exhortant à résoudre leurs différends par le dialogue. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré vouloir ouvrir un couloir humanitaire, mais n'avait pas encore été en mesure de venir en aide à la population civile.

Les combats ont éclaté alors que les regards du monde entier étaient rivés sur la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques à Pékin. Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili pourrait donc avoir opté pour la surprise pour tenter de reprendre le contrôle de cette région comme il s'y est depuis longtemps engagé. Il a cependant imputé l'agression à la Russie.

"Une réelle agression a été lancée contre la Géorgie", a-t-il déclaré lors d'une allocution télévision, ajoutant sur CNN: "La plupart des décisionnaires sont partis en vacances. Excellent moment pour attaquer un petit pays."

Le leader séparatiste ossète Edouard Kokoïty a affirmé que des centaines de civils avaient perdu la vie dans les violences. L'armée russe a de son côté déclaré que dix de ses soldats de maintien de la paix stationnés en Ossétie du Sud avaient été tués, et 30 autres blessés.

Côté géorgien, le ministère des Affaires étrangères a plus tard dans la journée affirmé que l'aviation russe a bombardé deux bases militaires sur le territoire géorgien, faisant plusieurs victimes et détruisant plusieurs avions militaires. Selon la chaîne de télévision Roustavi 2, quatre personnes ont été tuées et cinq autres blessées à la base de Marnéouli. La Russie avait nié plus tôt avoir bombardé le territoire géorgien.

Une Ossète du nom de Lioudmila Ostaïeva, âgée de 50 ans, arrivée à Djava sur la frontière russe après avoir fui son village, a déclaré à l'Associated Press qu'elle avait vu "des corps gisant dans les rues, autour des bâtiments en ruines, dans les voitures". Elle a affirmé qu'il était impossible de compter les morts.

Selon Tbilissi et la chaîne publique russe Channel One, un convoi de tanks russes a pénétré en Géorgie et devait atteindre Tskhinvali dans la soirée. Les troupes géorgienne ont selon le ministre de la Réintégration Tamour Iakobachvili pris le contrôle de toute la ville. Selon des responsables ossètes, les troupes géorgiennes ont attaqué la capitale avec des raids aériens et leur artillerie lourde. Selon l'agence de presse russe Interfax, le principal hôpital était touché, et le CICR a déclaré qu'il avait dû fermer ses portes.

La Russie a confirmé avoir envoyé des renforts, et le Premier ministre Vladimir Poutine a déclaré que la Géorgie s'exposait à des représailles. Le président Dimitri Medvedev a de son côté souligné que la Russie protégerait ses ressortissants "où qu'ils soient". La plupart des Ossètes du Sud ont effectivement la nationalité russe, offerte par Moscou comme aux habitants de l'Abkhazie (nord-ouest), autre région géorgienne aux velléités séparatistes soutenue par Moscou.

L'offensive de Tbilissi, qui avait pourtant déclaré un cessez-le-feu jeudi soir, intervient après des accrochages qui on commencé le 1er août dernier.

La Géorgie, située sur la mer Noire entre la Russie et la Turquie et soumise à Moscou durant près de 200 ans avant la chute de l'Union soviétique, a provoqué l'ire de la Russie en se rapprochant de l'OTAN. Moscou y voit une stratégie occidentale pour réduire son influence dans la région.

Washington, principal allié de Tbilissi, a appelé à un cessez-le-feu immédiat entre les deux parties, tout en soutenant "l'intégrité territoriale de la Géorgie", selon le Département d'Etat, qui a précisé qu'un émissaire américain se rendrait dans la région vendredi pour tenter de négocier la fin des hostilités. A Bruxelles, l'Union européenne et l'Alliance atlantique ont appelé les protagonistes à la retenue, les exhortant à résoudre leurs différends par le dialogue.

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