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Géorgie: pas de sanctions immédiates contre la Russie

International | Vendredi 29 aoû 2008 | 13:22

Géorgie: pas de sanctions immédiates contre la Russie

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THE ASSOCIATED PRESS

TBILISSI - Aucune sanction ne sera décidé contre la Russie lors du Conseil européen extraordinaire de lundi à Bruxelles après la reconnaissance par Moscou des deux provinces séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, a assuré vendredi la présidence française de l'UE. Dans le même temps, la Géorgie a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec Moscou.

L'Union européenne a unanimement condamné la riposte russe, jugée disproportionnée, à l'offensive militaire géorgienne du 7 août pour prendre le contrôle de l'Ossétie du Sud séparatiste. Les Vingt-Sept ont de même dénoncé le maintien de forces russes en Géorgie, ainsi que la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des provinces géorgiennes d'Abkhazie (nord-ouest) et d'Ossétie du Sud (nord).

Mais l'Union est en revanche apparue divisée quant à la réponse au coup de force du Kremlin. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait affirmé jeudi que "des sanctions" étaient "envisagées" et "bien d'autres moyens". Son homologue russe Serguei Lavrov s'est dit étonné, glissant que M. Kouchner "dit beaucoup de choses".

A Paris, la présidence française s'est efforcée de faire retomber la tension née de l'évocation de possibles mesures de rétorsion. "Au stade actuel, nous ne prévoyons pas de sanctions décidées par le Conseil européen", expliquait-on vendredi à l'Elysée, répétant la mise au point officielle qui avait fait suite aux propos tenus jeudi par Bernard Kouchner.

Même si plusieurs pays européens, dont la Pologne ou les Etats baltes, "souhaitent des sanctions", "nous n'en sommes pas à ce stade", insiste-t-on à l'Elysée. On y considère que les chefs d'Etat et de gouvernement européens doivent pour le moment s'en tenir au "dialogue ferme" en cours avec Moscou et continuer à faire pression sur la Russie pour que l'accord de cessez-le-feu, négocié avec l'aide du président en exercice du Conseil européen Nicolas Sarkozy, soit appliqué en totalité.

Un durcissement de la position européenne vis-à-vis de Moscou n'est toutefois pas écarté, mais pas avant le sommet UE-Russie qui doit se tenir le 14 novembre prochain à Nice, dans deux mois et demi. Mais, assure-t-on, "personne n'envisage de rupture avec la Russie".

Sauf la Géorgie, qui a annoncé vendredi le rappel de tous ses diplomates en poste à Moscou. Tbilissi avait dans un premier temps fait état cette semaine du maintien de deux diplomates dans la capitale russe. Mais les députés géorgiens ont voté à l'unanimité jeudi soir la rupture des relations diplomatiques avec la Russie, qualifiée de "pays agresseur".

"Rompre les relations diplomatiques avec Tbilissi n'est pas le choix de Moscou, et la responsabilité en revient à Tbilissi", a commenté un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Andréï Nesterenko, cité par l'agence de presse russe RIA-Nosvoti. La Russie devra fermer son ambassade en Géorgie si les relations diplomatiques sont effectivement rompues, a expliqué un autre responsable du ministère. Les consulats des deux pays, a-t-il dit, resteront cependant ouverts, point important pour les nombreux Géorgiens vivant en Russie.

Ajoutant à la tension, un député d'Ossétie du Sud, Znaur Gassiyev, a évoqué vendredi l'absorption à terme de la province séparatiste par la Russie, d'ici "plusieurs années" voire avant. Cette position a été "fermement affirmée" par le président autoproclamé de la province Edouard Kokoïty et le président russe Dimitri Medvedev lors d'entretiens à Moscou cette semaine, a-t-il ajouté. Une porte-parole du Kremlin a cependant déclaré qu'il n'y avait "pas d'information officielle" sur de tels pourparlers.

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