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Le géant russe Gazprom s'associe au projet de port méthanier Rabaska

Économie | Jeudi 15 mai 2008 | 18:08

Le géant russe Gazprom s'associe au projet de port méthanier Rabaska

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Par Martin Ouellet, LA PRESSE CANADIENNE

QUEBEC - Le géant gazier russe Gazprom s'implante en force en Amérique du Nord en s'associant au projet de port méthanier Rabaska, à Lévis près de Québec.

L'accord préliminaire assure au promoteur Rabaska un approvisionnement soutenu provenant de l'un des gisements gaziers les plus riches du monde, dans la partie centrale de la mer de Barents, en Russie.

En vertu de l'entente annoncée jeudi en conférence de presse à Québec, Gazprom Marketing & Trading USA (GMTUSA), filiale de Gazprom, devient actionnaire du projet de terminal méthanier aux côtés de Gaz Métro (TSX: GZM.UN), Enbridge (TSX, NYSE: ENB) et Gaz de France (Euronext Paris: GAZ). La part détenue par Gazprom et son investissement dans le projet de 840 millions $ demeurent secrets.

Les négociations entre Gazprom et Rabaska ne sont pas tout à fait terminées. Les parties souhaitent régler les derniers détails avant la fin de l'année. Pour l'heure, l'annonce de ce nouveau partenariat à quatre "est une étape vers notre premier investissement majeur en Amérique du Nord", a commenté le vice-président du comité de gestion de Gazprom, Alexander Medvedev, assis à la même table que ses vis-à-vis de Gaz Métro, Gaz de France et Enbridge.

M. Medvedev n'était pas à Québec que pour faire l'annonce de cette entente de partenariat. Il devait aussi participer, en soirée, à un match amical d'anciens joueurs étoiles de divers pays en marge du Championnat du monde de hockey.

Via le terminal Rabaska, Gazprom importera du gaz naturel liquéfié (GNL) provenant du projet Chtokman, actuellement en développement et situé à 450 kilomètres au nord-est de la ville de Murmansk, en Russie.

Au début de ses activités, en 2014, Rabaska pourra recevoir, stocker et regazéifier le GNL à un rythme de 500 millions de pieds cubes par jour.

Cette production gazière est destinée au marché domestique, a fait valoir M. Medvedev.

"Le marché nord-américain est prometteur mais notre priorité avec ce projet, c'est l'approvisionnement du marché local, au Canada", a-t-il expliqué.

"Les partenaires ont été clairs, ce gaz là est destiné au Québec et à l'Ontario", a renchéri Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro.

En Ontario comme au Québec, la demande en gaz naturel est en très forte croissance. Entre 2012 et 2014, dans ces deux seules provinces, la demande va s'accroître "de l'équivalent d'un autre Rabaska", a illustré Mme Brochu.

Une fois réalisé, le terminal méthanier Rabaska raccordera le Québec directement au gaz naturel russe, réduisant de ce fait la dépendance de l'est du pays à l'égard du gaz de l'ouest canadien.

Pour les consommateurs québécois, cette nouvelle source d'approvisionnement ne pourra qu'avoir un effet bénéfique.

"Si vous avez deux boulangeries dans votre village au lieu d'une, il y a de fortes chances que votre pain soit moins cher", a dit la pdg de Gaz Métro.

Avant de faire son nid au large de Lévis, Gazprom a évalué une vingtaine de projets un peu partout en Amérique du Nord. L'entreprise a choisi Rabaska essentiellement pour sa localisation.

Gazprom est un géant industriel aussi puissant que controversé. Ce sont des hommes du Kremlin qui mettent les cartes en jeu. D'ailleurs, à la tête de son conseil d'administration siège le président russe lui-même, Dmitri Medvedev.

L'entreprise a 400 000 travailleurs à son service et compte pour près du dixième du produit intérieur brut (PIB) russe. En plus de contrôler au-delà de 90 pour cent des réserves gazières du pays, Gazprom possède des filiales dans les banques, les assurances et les médias.

En position de monopole dans de nombreux pays de l'est européen, Gazprom a les moyens de frapper dur et fort. En 2006, la compagnie est allée jusqu'à couper l'approvisionnement en gaz à l'Ukraine en raison d'un contentieux commercial avec ce pays.

Dans ce contexte, Gazprom assurera-t-il un approvisionnement fiable à Rabaska, à l'abri des vicissitudes commerciales? Gaz Métro en est convaincu.

"L'Ukraine n'était pas sous contrat. Moi, quand je prends du gaz, je suis sous contrat. Gazprom va remplir ses obligations", a affirmé Mme Brochu.

"Nous ne sommes pas arrivés les mains vides. Je peux vous dire que nous allons respecter nos engagements", a ajouté le vice-président de Gazprom.

Malgré la vive opposition de certains résidents de la Rive Sud de Québec et de l'île d'Orléans de même que de groupes environnementaux, les promoteurs du projet Rabaska ont obtenu, au terme d'un long processus, les approbations des gouvernements d'Ottawa et de Québec pour aller de l'avant.

Les travaux de construction du terminal devraient débuter au début de 2010, environ un an plus tard que l'échéancier initialement fixé.

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