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Finie l'écriture au son: les élèves vont devoir écrire en bon français

National | Mercredi 06 fév 2008 | 19:33

Finie l'écriture au son: les élèves vont devoir écrire en bon français

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Par Jocelyne Richer, LA PRESSE CANADIENNE

QUEBEC - Les diplômés de cégeps et d'universités incapables d'écrire ne serait-ce qu'un court texte sans faute de français pourraient bien devenir un phénomène en voie d'extinction.

C'est du moins ce que croit la ministre de l'Education, Michelle Courchesne, convaincue que son plan de valorisation du français à l'école, rendu public mercredi, sonnera le glas de l'écriture au son.

Pour atteindre cet objectif, "le secret, l'élément principal, c'est bien sûr la révision du contenu des programmes et la formation initiale des enseignants", a résumé la ministre, lors d'une conférence de presse, au cours de laquelle elle a annoncé 22 mesures visant à faire de l'apprentissage du français écrit une priorité absolue, tant pour les élèves que pour les enseignants.

Sans le dire ouvertement, Mme Courchesne impose un virage majeur à la réforme de l'éducation, en misant désormais sur les bonnes vieilles méthodes d'apprentissage de connaissances - de l'orthographe, de la syntaxe et de la grammaire, à travers la dictée et la lecture - plutôt que l'acquisition de compétences.

"C'est un coup de barre très fort", a-t-elle reconnu, clamant que le français était "l'âme de la nation québécoise".

Ainsi, dès la rentrée de septembre prochain, les élèves devront notamment écrire un texte, dictée ou autre, au moins une fois par semaine.

De plus, tous les jours, les élèves devront s'adonner à la lecture en classe. Une plage horaire sera réservée exclusivement à cette fin. "Plus on lit, plus on maîtrise l'écriture", a dit la ministre.

Surtout, signe évident que quelque chose clochait dans l'enseignement du français au Québec, le ministère de l'Education procédera à une révision complète de tous les programmes d'enseignement de cette matière, tant au primaire qu'au secondaire.

Implicitement, le ministère reconnaît qu'une trop grande marge de manoeuvre est actuellement laissée aux enseignants et aux écoles. Désormais, le ministère énoncera donc de façon explicite quelles sont les connaissances qui devront être acquises par l'élève avant la fin de chaque année scolaire.

Le sérieux de la démarche apparaît également dans l'ajout de deux examens de français, un en 4e année du primaire et un autre en 2e du secondaire.

Pied de nez à l'Action démocratique de Mario Dumont, qui veut abolir les commissions scolaires, Québec les met à contribution et renforce au contraire leur rôle.

Elles devront adopter une politique linguistique, déterminer des cibles de performance des élèves aux examens de français, de même que rendre des comptes au ministère quant à la place accordée par leurs écoles au français.

De plus, Québec double le nombre de conseillers pédagogiques en français, qui passera de 150 à 300. On prévoit aussi embaucher 20 bibliothécaires.

Enfin, pour que les élèves maîtrisent mieux le français, leurs enseignants devront nécessairement avoir acquis une formation exemplaire, ce qui n'est pas le cas actuellement, a plaidé Mme Courchesne.

Les enseignants ne doivent pas être "bons" en français, il faut qu'ils soient "excellents" au terme de leurs études, prévient la ministre, en annonçant que les universités devront réviser à la hausse leurs exigences.

Pour s'assurer que les mesures annoncées seront mises en place, la ministre a dit qu'elle dépêchera des équipes de fonctionnaires sur le terrain.

Au total, Québec évalue à 40 millions $ le coût annuel récurrent des mesures annoncées.

La Fédération des commissions scolaires a accueilli favorablement le plan d'action, de même que la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), tout en le jugeant "incomplet".

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