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Fin de séjour politique et people pour le dalaï lama en France

International | Vendredi 22 aoû 2008 | 14:47

Fin de séjour politique et people pour le dalaï lama en France

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Par Hubert Vialatte, THE ASSOCIATED PRESS

LODEVE, France - Le dalaï lama a inauguré vendredi le temple de Lerab Ling à Roqueredonde (Hérault), en France, avant de s'entretenir à huis clos avec Carla Bruni-Sarkozy et le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner. C'était sa première rencontre avec un membre du gouvernement français depuis son arrivée en France le 12 août.

Le temple de 2500 mètres carrés, où trône une imposante statue en bronze de bouddha fabriquée en Birmanie, a accueilli 1000 personnes, dont quelques célébrités. Une affluence inhabituelle pour ce lieu de méditation, situé au pied du plateau du Larzac. De nombreux barrages de gendarmerie interdisaient d'ailleurs un accès plus large au public.

Après l'inauguration du temple, l'épouse du chef de l'Etat, la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, se sont entretenus à huis clos avec le dalaï lama.

A deux jours de la clôture des Jeux olympiques de Pékin, aucun ne s'est risqué à commenter la situation au Tibet, alors que les journalistes, pourtant nombreux, étaient soigneusement tenus à l'écart. "Je lui ai dit qu'il était toujours le bienvenu en France", a juste lâché M. Kouchner avant de s'engouffrer dans sa voiture.

Matthieu Ricard, interprète du dalaï lama en France, a qualifié la situation au Tibet de "grave". "Sa sainteté est concernée par la situation qui règne en ce moment au Tibet", a-t-il déclaré, rapportant les propos tenus par le chef spirituel tibétain devant Bernard Kouchner.

"En parallèle aux Jeux olympiques, il y a une certaine forme de répression extrêmement brutale qui continue à régner", a-t-il déploré. "Pour gagner la respectabilité au sein de la communauté mondiale, la Chine a besoin d'une autorité morale. Cette autorité morale, elle ne peut l'obtenir que si elle cesse d'oppresser la marche vers la liberté", a-t-il plaidé.

Le président Nicolas Sarkozy avait fait savoir qu'il ne rencontrerait pas le dalaï lama lors de sa visite en France, pour ne pas froisser la Chine. Aucune rencontre politique n'était initialement prévue, autre que celle à huis clos avec des sénateurs français le 13 août et celles avec des membres de l'opposition, jusqu'à ce que Bernard Kouchner annonce finalement il y a quelques jours qu'il comptait rencontrer le dirigeant tibétain dans l'Hérault.

Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard, a dénoncé vendredi une "mascarade": Carla Bruni-Sarkozy "n'a rien à faire dans cette histoire-là (...) C'est un lot de consolation qu'on a proposé au dalaï lama parce qu'on a honte du comportement qu'on a vis-à-vis de lui", a-t-il estimé lors d'une conférence de presse à Paris.

Dans un communiqué, Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du Parti socialiste à l'égalité, a aussi fustigé vendredi une "grave dérive dans la 'peoplisation'" et une "opération de communication dérisoire". "Mme Carla Bruni-Sarkozy est certainement une belle voix, mais elle n'est pas la voix de la France", rappelle-t-il.

La cérémonie d'inauguration a été marquée par la remise de katas (écharpes en soie), la proclamation de mantras (paroles sacrées) et la lente répétition de mudras (gestes symboliques). Le dalaï lama a rappelé les fondamentaux de sa religion: la possession matérielle ne fait pas nécessairement le bonheur - "des milliardaires sont parfois très malheureux" - et l'aspect essentiel de "l'harmonie entre les différentes traditions religieuses".

Outre l'ancien premier ministre Alain Juppé, étaient présents vendredi, côté "people", David Hallyday, Charlélie Couture, Line Renaud, Inès de la Fressange, Jane Birkin et Maud Fontenoy. Dans l'après-midi, le dalaï lama a délivré un enseignement aux étudiants.

Il devait quitter la France ce samedi.

Nicolas Sarkozy doit le recevoir le 10 décembre prochain à Paris avec l'ensemble des prix Nobel de la paix, selon le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi.

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