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F1: du déjà vu pour Brochu avec les Expos

Sports | Jeudi 09 oct 2008 | 17:10

F1: du déjà vu pour Brochu avec les Expos

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(Corus Sports)- S'il y a un homme d'affaires québécois qui comprend Normand Legault ces jours-ci, c'est bien Claude Brochu. Incapable d'obtenir de l'aide gouvernementale face à un marché en démesure, il a vendu ses parts dans les Expos de Montréal à Jeffrey Loria en 1998. Vous connaissez la suite.

Avec encore une certaine rage au coeur, Claude Brochu n'en revient pas de l'immobilisme de la société québécoise. Lorsqu'il a vu Michael Fortier, Claude Bachand et Gérald Tremblay annoncer une possible relance gouvernementale du Grand Prix du Canada, il a reconnu la mentalité des instances publiques qui a coulé les Expos au début des années 2000.

Alors que partout dans le monde, les infrastructures sportives sont subventionnées à 80% par l'argent public, au Québec «on agit lorsqu'on est en crise.» Une manière de penser propre aux Québécois et aux Canadiens, selon lui.

«Dans un contexte général, les instances publiques attendent à la toute dernière minute pour s'impliquer et travailler pour un évènement sportif. C'est un peu ça le problème au Québec et au Canada, les gouvernements n'ont pas d'attitude proactive vis-à-vis les évènements sportifs ou les infrastructures sportives.»

«On a une mentalité de dernière minute, quand les gouvernements arrivent, il est trop tard.»

En guise d'exemple de la marche à suivre, Brochu cite Robert Bourassa et Jean Doré, qui se sont précipités à sauver les Expos pour la première fois en 1991. En plus de faire vivre une équipe professionnelle sportive à Montréal pendant plusieurs années et de profiter des retombées économiques, les deux paliers de gouvernement ont retouché leur mise de fonds lors de la vente des Expos.

Et l'ancien président des Expos n'en demeure pas là. Alors que tout le monde fustigeait à l'idée de possiblement voir Vladimir Guerrero empocher 10 millions $ par saison, Brochu rappelle que les impôts sur son revenu auraient contribué à remplir les coffres de l'État.

Un peu comme ce que le ministre Bachand a utilisé comme argument pour sauver le Grand Prix jeudi après-midi, mais quelques années trop tard.

«Études en main, on savait très bien que 10% des foules était des gens qui venaient d'ailleurs que le Canada. Avec les grosses infrastructures, le plus gros gagnant a toujours été l'État. Mais on a une misère du tonnerre à faire comprendre ça au public, il y a trop de démagogie.»

Même Christian Tortorra, qui sillonne le monde pour couvrir les 18 Grands Prix de Formule 1, corrobore les dires de Brochu. Les gouvernements doivent considérer les infrastructures et évènements sportifs comme des actifs. Non comme une sortie unilatérale d'argent.

«Brochu dit exactement ce que je vois dans le monde partout depuis plusieurs années. Il a parfaitement raison, mais à Montréal, on ne pense pas comme partout dans le monde.»

Écoutez l'échange entre Michel Villeneuve et Claude Brochu dans l'extrait audio ci-joint.

Frédéric Bhérer / Corus Sports

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