
Économie | Vendredi 04 jui 2008 | 18:34Entente finale de rachat: le titre de BCE bondit de près de 13% |
» Options
» Taille du texte
|
Par Sylvain Larocque, LA PRESSE CANADIENNE
MONTREAL - Le titre de Bell Canada Entreprises (BCE) (TSX:BCE) a bondi de près de 13 pour cent vendredi à la suite de la signature d'une entente finale avec le consortium qui doit racheter la société montréalaise et fermer son capital-actions. L'action de BCE a clôturé à 39,64 $ vendredi, en hausse de 4,49 $ par rapport à la veille, à la Bourse de Toronto. Pas moins de 28,9 millions de titres ont changé de mains.
L'accord conclu avec le groupe d'investisseurs dirigé par le Régime de retraite des enseignants de l'Ontario (Teachers) confirme le prix d'achat de 42,75 $ par action prévu dans la proposition du 29 juin 2007 et devrait mettre un terme aux conjectures voulant, depuis plusieurs mois, que le montant soit révisé à la baisse.
Les ententes de financement et de crédit nécessaires à la transaction ont également été signées, a précisé vendredi BCE. Le fait que le cours de l'action n'atteigne toujours pas 42,75 $ démontre que les marchés ont encore quelques doutes quant à la conclusion de la transaction à ce prix.
Le maintien du prix de d'achat de 42,75 $ et la mise en place du financement définitif font en sorte que l'entente "est très nettement dans le meilleur intérêt des actionnaires, de l'entreprise et de Bell Canada, compte tenu notamment des conditions actuelles des marchés des capitaux", a déclaré le président du conseil d'administration de BCE, Richard Currie, dans un communiqué publié peu avant l'ouverture des marchés boursiers.
La transaction de 35 milliards $ - 52 milliards $ en incluant la dette - sera clôturée d'ici le 11 décembre prochain, a ajouté BCE. La plus récente date avancée pour la clôture était la fin du troisième trimestre, soit le 30 septembre.
Des centaines de milliers d'investisseurs devront toutefois dire adieu au dividende de BCE: d'ici la clôture de la transaction, la plus grande société de télécommunications au Canada n'en versera pas sur ses actions ordinaires. Elle en paiera toutefois aux détenteurs d'actions privilégiées.
Le dividende coûte 294 millions $ par trimestre à BCE, de sorte que les actionnaires ordinaires seront privés de près de 900 millions $ au cours des prochains mois. Aucun dividende n'a été versé au deuxième trimestre.
L'acquéreur, une société formée par Teachers' Private Capital, Providence Equity Partners, Madison Dearborn Partners et Merrill Lynch Global Private Equity, de même que les prêteurs, "ont produit des documents de crédit entièrement négociés et signés aux fins du financement de la transaction, y compris une entente de crédit signée et d'autres documents de financement clés", a indiqué BCE.
Ces derniers mois, les banques - Citigroup, la Deutsche Bank, la Royal Bank of Scotland de la Banque Toronto-Dominion (TSX:TD) - ont tenté de gagner des concessions à l'égard des conditions des prêts, des taux d'intérêt et même du prix d'achat. Les porte-parole de BCE ont refusé de donner plus de précision sur l'entente annoncée vendredi.
L'entente finale a été approuvée par le conseil d'administration de BCE, qui a en outre annoncé vendredi que George Cope, nommé président et chef de l'exploitation de Bell Canada en octobre 2005, succéderait à Michael Sabia à titre de chef de la direction de BCE et de Bell Canada à compter du 11 juillet.
"Avec la signature de l'entente finale et l'obtention d'engagements contractuels pour le financement de la transaction, je suis heureux d'affirmer que la travail est maintenant largement accompli, a affirmé M. Sabia. L'attention de l'entreprise doit maintenant se tourner vers les activités de Bell Canada et les préparatifs de sa transformation en société fermée, de sorte que le moment est opportun pour céder la place à George Cope. Nous planifions cette transition depuis quelque temps, et c'est maintenant l'heure d'aller de l'avant."
Le groupe dirigé par Teachers s'est réjoui de l'entente. "Nous sommes très satisfaits d'avoir conclu un accord avec BCE et que nos banquiers continuent d'appuyer la transaction", a-t-il commenté dans un communiqué.
Réaction des analystes
L'analyste Greg MacDonald, de la Financière Banque Nationale, a estimé vendredi dans une note que l'entente "élimine largement le risque inhérent au financement, qui était le principal obstacle potentiel à la clôture de la transaction".
Les banques ont pu négocier une date de clôture tardive afin de se donner le temps "de recueillir les fonds nécessaires et/ou d'inscrire les radiations éventuelles à leur bilan plus tard dans l'année", a avancé M. MacDonald.
Le report de la date de clôture de la transaction a permis de maintenir le prix d'achat, a renchéri l'analyste Jeffrey Fan, de UBS. "Jumelé aux économies découlant du non-versement du dividende, (le délai) laissera 900 millions $ de plus au bilan de l'entreprise", a-t-il relevé.
L'annulation du dividende, une mesure qui représente entre 588 et 882 millions $ selon Greg MacDonald, a probablement été offerte aux banques à titre de "concession", a-t-il noté. "Si tel est bel et bien le cas, cela diminue le risque que la transaction échoue", a écrit l'analyste.
Même s'il a ramené à 42,75 $ son prix-cible pour l'action de BCE, M. Fan a fait remarquer que la longue période de 160 jours qui s'écoulera d'ici la clôture "pourrait encore causer de la volatilité pour l'action". La clôture de la transaction n'est pas garantie à 100 pour cent, a estimé son collègue Troy Crandall, de la firme MacDougall, MacDougall & MacTier, tout en qualifiant le risque d'échec de "très faible".
Afin de refléter le délai, l'indemnité payable par l'acquéreur en cas d'échec de la transaction a été revue à la hausse: elle est passée de 1,0 à 1,2 milliard $.
Le rachat de BCE constitue la plus importante transaction de ce type jamais effectuée dans le monde.
| Aussi sur corusnouvelles.com | |
|
» La météo » La circulation » Des nouvelles à la carte » Les grandes entrevues » Fils RSS et baladodiffusion |
» Archives » Voyages » Ajouter ce site à vos favoris » Mettre ce site au démarrage |