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International | Samedi 27 sep 2008 | 23:50Elections législatives au Bélarus, à l'épreuve de la démocratie |
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ASSOCIATED PRESS
MINSK - Les élections législatives de ce dimanche en Bélarus auront valeur de test vis à vis de l'engagement démocratique du pays.Le président bélarus Alexandre Loukachenko, qualifié par des critiques occidentaux de "dernier dictateur d'Europe" dans les années 1990, a insisté samedi sur le fait que son gouvernement s'était conformé aux règles internationales, mais l'opposition a affirmé que le vote serait loin d'être équitable.
Au total, 263 candidats, dont 70 de l'opposition, sont en compétition pour pourvoir à 110 sièges parlementaires. Il y a quatre ans, l'opposition n'avait pas été autorisée à participer au vote.
"Nous organisons les élections selon les diktats de l'OSCE", a déclaré Alexandre Loukachenko samedi, en accueillant 400 observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.
Mais les dirigeants de l'opposition ont déjà appelé à manifester dans Minsk, affirmant que leurs représentants ont été exclus des commissions électorales locales et donc du dépouillement.
"Les autorités ont seulement un peu diminué la répression, mais n'ont pas permis une pleine campagne", a dit le chef de l'opposition, Alexandre Kozouline, libéré en août à mi-parcours de sa peine de 5 ans et demi de prison.
Les opposants ont d'ores et déjà expliqué que l'élection était truquée d'avance. "Les élections n'ont plus aucun sens", a déclaré Viktor Kontsevenko, candidat dans la province de Gomel. Il a dit que 40% des électeurs de sa circonscription avaient déjà voté grâce à un système de vote anticipé et que d'autres fidèles du gouvernement seraient probablement pris en considération de la même façon le jour même des élections.
"Les autorités vont envoyer des bus pour faire voter les militaires, les étudiants et les agriculteurs des kolkholz", a ajouté Viktor Kontsevenko.
Certains citoyens sont également sceptiques sur le fait que l'élection apportera du changement dans l'ancienne république soviétique de 10 millions de personnes.
"Loukachenko décide de tout, de toute façon", s'est exclamée Yanina Krychtanovich, qui vend des tomates, des prunes et des pommes de terre de son village dans la capitale bélarusse. Elle a expliqué ne pas être au courant d'éventuels autres candidats dans sa circonscription, mais elle a prévu de voter "pour les autorités, qui paient ma retraite".
Beaucoup de Bélarus, des personnes âgées notamment, accordent du crédit au président Loukachenko, pour qui il serait le champion de la paix et de la stabilité économique après la chute de l'Union soviétique.
"Nous avons déjà beaucoup trop fait pour l'opposition et leurs candidats ont été incapables ou peu désireux de profiter de cette chance," a précisé Nikolai Lazovik, de la commission électorale officielle.
Depuis 1994, Alexandre Loukachenko s'est maintenu au pouvoir, au gré d'élections dénoncées par les pays occidentaux.
Les Etats-Unis et l'Union européenne ont mis en place des sanctions contre le président et son gouvernement pour leur intolérance à la critique et à la dissidence.
Et le voisin russe a commencé à remettre en cause ses tarifs préférentiels accordés dans le secteur de l'énergie et qui contribuaient à maintenir l'économie bélarusse à flot, affectant de fait les relations bilatérales.
Apparemment préoccupé par sa dépendance excessive à l'égard de la Russie, le Bélarus a récemment fait des efforts pour changer son image à l'étranger, en libérant plusieurs opposants.
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