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Les deux candidats à la présidentielle américaine s'affrontent sur l'économie

Photo: ASSOCIATED PRESS/Ron Edmond

International | Mardi 07 oct 2008 | 23:23

Les deux candidats à la présidentielle américaine s'affrontent sur l'économie

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ASSOCIATED PRESS

NASHVILLE, Tennessee - Les deux candidats à la Maison Blanche, Barack Obama et John McCain, ont répondu aux questions d'un panel d'électeurs mardi soir à l'université Belmont de Nashville (Tennessee), le premier cherchant à consolider son avance, le second a relancer le jeu avec de nouvelles cartes.

Cravate bleue, le démocrate a été tiré au sort pour répondre le premier sur l'économie. Il a rejeté la faute de la crise financière sur huit ans de gestion républicaine, et la déréglementation du système, mais s'est voulu pédagogique sur l'utilité du plan de sauvetage.


"Nous sommes dans la pire crise économique depuis la Grande dépression... C'est le verdict final des politiques économiques ratées des huit dernières années" a résumé le candidat.


Cravate rouge, le républicain a pris acte de la colère des électeurs, de leur inquiétude, mais s'est refusé à augmenter les impôts. "Les Américains sont en colère, et ils ont un peu peur" a constaté le sénateur de l'Arizona. Plaidant pour la réforme, il a souhaité stabiliser la valeur des prêts immobiliers, en soulignant l'importance de la confiance.


Sur la crise financière, John McCain a pointé la responsabilité de Freddie Mac et Fanny Mae, qui ont selon lui participé au financement de la campagne Obama.


Le candidat républicain a promis de demander au gouvernement fédéral de renégocier les crédits hypothécaires des propriétaires individuels pour rendre les remboursements plus abordables, une proposition destinée à donner de l'air aux familles étranglées par la crise.


"C'est ma proposition, ce n'est pas celle du sénateur Obama, et ce n'est pas celle du président Bush", a plaidé le républicain.


Son adversaire Barack Obama a rappelé que la crise économique est "le verdict final des politiques économiques ratées des huit dernières années" poursuivies par George W. Bush et "soutenues par le sénateur McCain". Bush, McCain et les autres ont favorisé les politiques de déréglementation de l'industrie financière, afin de "laisser le marché courir follement et pour que la prospérité pleuve sur nous tous" a raillé le sénateur de l'Illinois. "Cela ne s'est pas produit" a-t-il conclu.


Distancé dans les sondages, John McCain a joué son va-tout dans le second débat des candidats à la présidentielle, face à Barack Obama, en reconnaissant qu'il faudrait reconsidérer les pensions versés aux vieux Américains par la Sécurité sociale et la couverture médicale qu'ils reçoivent.


Alors que le républicain appelait de ses voeux une action concertée des deux camps sur ces questions de protection sociale, Barack Obama s'est accordé avec lui sur la nécessité d'une réforme. Mais il a mis en garde les électeurs, affirmant que John McCain les imposerait sur les prestations de santé payées par leurs employeurs.


Tandis que le candidat démocrate évoquait un financement public, dans la ligne du système existant, John McCain a proposé un crédit d'impôts de 5.000 dollars (3.680 euros) qui permettrait à chacun de choisir librement les soins qu'il souhaite obtenir. Mais il a jugé que sur les questions fiscales, les propositions de son adversaire sont insaisissables, "comme une gélatine que l'on chercherait à punaiser au mur".


"Là-dessus, sénateur, je crois que votre train-express de la parole directe a perdu une roue", a riposté Barack Obama, faisant référence au nom donné par le candidat républicain à son bus et son avion de campagne.


Les deux candidats se sont opposés frontalement pour finir sur la politique étrangère, apparemment inconciliables à quatre semaines du vote du 4 novembre.


Barack Obama a défié le côté va-t-en guerre de son adversaire, disant : "Voici un gars qui a chanté bombardez, bombardez l'Iran, qui a voulu réduire à néant la Corée du Nord, je ne crois pas que ce soit des paroles légères".


Il ripostait à une pointe de John McCain, l'accusant d'avoir menacé sans réfléchir d'envahir le Pakistan.


Le républicain a affirmé que le démocrate "s'était trompé sur l'Irak et l'insurrection (dans ce pays). Il s'est trompé sur la Russie quand elle a agressé la Géorgie. Et pendant sa courte carrière, il n'a pas compris les enjeux de sécurité nationale. Nous n'avons pas le temps pour une formation sur le tas" a déclaré John McCain, mettant en cause les qualités de commandement de son adversaire.

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