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International | Jeudi 21 aoû 2008 | 11:10Le dalaï lama accuse la Chine de nouveaux massacres au Tibet |
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THE ASSOCIATED PRESS
PARIS - L'armée chinoise a tiré sur la foule lundi dans la région du Kham, dans l'est du Tibet, et le dalaï lama n'a pas exclu que cette répression ait fait plus d'une centaine de tués, même s'il n'a avancé aucun chiffre."Depuis le début des émeutes, le 10 mars, des témoins fiables ont pu établir que 400 personnes ont été tuées dans la seule région de Lhassa", accuse le chef spirituel tibétain dans un entretien publié dans "Le Monde" daté de vendredi.
Interrogé sur les rumeurs circulant au sein de la communauté tiébétaine selon lesquelles les derniers affrontements pourraient avoir fait jusqu'à 140 morts, il a reconnu avoir été informé de ces violences mais a estimé que "ce chiffre demande à être vérifié".
"Aujourd'hui, un projet de répression brutale s'inscrit dans la durée" au Tibet avec "la construction de vrais campements militaires", a-t-il insisté, jugeant que "cette colonisation par l'armée est destinée à durer".
"La Chine veut devenir une superpuissance? Elle doit d'abord retrouver une autorité morale", explique le dalaï lama pour qui "la répression qui frappe le Tibet et d'autres régions de Chine porte une atteinte considérable à sa respectabilité".
Le dialogue avec Pékin est actuellement dans l'impasse alors que "le président Hu Jintao lui-même s'était engagé à des discussions sérieuses", mais "aucune ouverture n'a été enregistrée" par les émissaires tibétains, révèle-t-il.
"J'ai toujours dit qu'il fallait instaurer l'autonomie du Tibet dans le cadre de la Constitution de la République populaire de Chine. Je n'ai pas changé d'avis", indique le dirigeant bouddhiste.
Insistant sur le fait que son "agenda n'était pas politique, il est revenu par ailleurs sur sa visite en France qui a suscité de nombreuses polémiques. "Si j'étais venu avec un agenda politique précis, des rendez-vous avec des responsables politiques et gouvernementaux, alors il y aurait eu de quoi être largement déçu!", a reconnu le dalaï lama.
Le lauréat du prix Nobel de la paix en 1989 se réjouit néanmoins de pouvoir rencontrer vendredi le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner: "Je n'ignore pas sa solidarité pour le Tibet, ni celle du président Sarkozy." D'ailleurs le chef spirituel tibétain "espère qu'après les Jeux olympiques, le président en exercice de l'Union européenne fera des propositions constructives au gouvernement chinois".
M. Kouchner rencontrera le dalaï lama vendredi à Roqueredonde (Hérault), près de Lodève, lors de l'inauguration d'un temple bouddhiste en compagnie de l'épouse du président Sarkozy et de la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade.
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