Corus Nouvelles, l'actualité en temps réel

Carte du site

International
Accueil / International

Crise géorgienne: revers asiatique pour Moscou

International | Jeudi 28 aoû 2008 | 17:26

Crise géorgienne: revers asiatique pour Moscou

» Options
» Taille du texte
Taille par defaut 12pt 14pt

Par Olga Toutoubalina, THE ASSOCIATED PRESS

DOUCHANBE, Tadjikistan - La Chine et les pays d'Asie centrale formant avec la Russie l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) ont refusé jeudi de signer une déclaration de soutien à l'action de Moscou dans le conflit en Géorgie. L'OCS a au contraire critiqué le recours à la force dans les conflits régionaux et appelé au respect de l'intégrité territoriale des Etats souverains.

Le Kremlin avait espéré obtenir lors du sommet de Douchanbé, la capitale du Tadjikistan, une motion de soutien à la réponse de Moscou à l'"agression" de Tbilissi et à sa reconnaissance de l'indépendance des provinces géorgiennes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Mais ses partenaires de l'OCS n'ont pas voulu s'engager dans une alliance stratégique qui apparaîtrait comme concurrente de l'OTAN côté occidental.

L'OCS est un forum créé en 2001 pour améliorer la coordination régionale en matière de sécurité aux frontières et de lutte contre le terrorisme. Ses dirigeants -Russie, Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan-se sont retrouvés pour une réunion informelle au palais présidentiel du chef de l'Etat tadjik Emomali Rahmon.

A l'issue des discussions de jeudi, l'OSC a publié une déclaration conjointe dans laquelle "les participants (...) soulignent la nécessité (...) des efforts destinés à préserver l'unité de l'Etat et son intégrité territoriale". "Le recours exclusif à la force n'ouvre pas de perspectives et fait obstacle à un règlement complet des conflits locaux", ajoutent-ils, semblant ici critiquer l'attaque lancée le 7 août par la Géorgie pour prendre le contrôle de la province séparatiste d'Ossétie du Sud (nord).

L'OSC exprime en outre sa "profonde préoccupation" en ce qui concerne la crise en Géorgie et exhorte "les parties appropriées à résoudre les problèmes existants par le dialogue pacifique ainsi qu'à consacrer ses efforts à la réconciliation et à la promotion des négociations".

La déclaration attribue toutefois un bon point à Moscou pour avoir signé le cessez-le-feu du 12 août. Les signataires "soutiennent le rôle actif de la Russie dans la promotion de la paix et de la coopération dans la région".

La Chine évite généralement de se mêler des affaires de séparatisme à l'étranger, étant donné ses propres difficultés avec le Tibet et la région ouïgour à majorité musulmane du Xinjiang, dans l'ouest du pays. Quant à ses quatre partenaires d'Asie centrale, ils n'ont pas envie de se fâcher avec l'Europe et les Etats-Unis, avec lesquels ils entretiennent des liens notamment commerciaux et militaires.

Le sommet de Douchanbé, au lieu de fournir le soutien espéré au président russe Dimitri Medvedev, a donc surtout accru l'isolement de la Russie.

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont condamné mercredi soir la décision de la Russie, leur partenaire au sein du G8, de reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

Dans la soirée, le président français Nicolas Sarkozy et président en exercice de l'Union européenne s'est longuement entretenu par téléphone avec Dimitri Medvedev, puis avec le Géorgien Mikhaïl Saakachvili. Il a également évoqué le prochain Conseil européen extraordinaire consacré à la crise en Géorgie lundi 1er septembre à Bruxelles.

Envoyer Envoyer Imprimer Imprimer