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Coopération nucléaire Damas-Pyongyang: réactions en chaîne après les révélations américaines

International | Vendredi 25 avr 2008 | 14:03

Coopération nucléaire Damas-Pyongyang: réactions en chaîne après les révélations américaines

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Par Albert Aji, ASSOCIATED PRESS

DAMAS - Les accusations américaines sur un réacteur nucléaire clandestin construit en Syrie avec l'aide de la Corée du Nord font couler de l'encre. Alors que Damas a démenti vendredi, le patron de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA), en colère, a lui vertement dénoncé Washington pour n'avoir pas fourni plus tôt ces renseignements.

Mohamed ElBaradei s'en est aussi pris à Israël pour avoir bombardé il y a sept mois ce réacteur dans le désert syrien de l'est de la Syrie, le long de l'Euphrate. Le ton inhabituellement vif de son communiqué reflète le profond déplaisir de l'AIEA à avoir été laissée en dehors du coup si longtemps.

Damas, via l'agence officielle SANA qui citait un responsable gouvernemental anonyme, a pour sa part dénoncé une "campagne lancée par l'administration américaine (...) destinée à tromper le Congrès américain et l'opinion publique internationale (...) afin de justifier le raid israélien" contre la Syrie le 6 septembre 2007, "auquel cette administration a apparemment participé".

La Syrie a toujours soutenu que la cible bombardée n'était pas un réacteur mais une installation militaire pas encore affectée. Ce qui pour Washington est une "tentative d'étouffer la vérité", selon la porte-parole de la présidence Dana Perino.

Cette version a en tous cas été réaffirmée vendredi par le "raïs" Bachar el-Assad en personne, dans les colonnes du journal qatari "Al-Watan": "est-il logique qu'un site nucléaire soit laissé sans protection et sans protection de canons antiaériens?", demande le maître de Damas, dans une interview qui doit être publiée en totalité dimanche.

La Maison Blanche était sortie jeudi d'un long silence sur le dossier, sommant la Syrie de "faire toute la lumière" sur l'aide nucléaire reçue de Pyongyang. Washington affirme que la Corée du Nord avait soutenu un programme nucléaire secret de la Syrie et que la centrale détruite n'était pas destinée à des "objectifs pacifiques".

Quelques heures plus tôt, les membres de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants avaient été briefés sur toute l'affaire. Parmi les preuves apportées par les agents du renseignement, des dizaines de photos, prises par des satellites-espions après le bombardement israélien, sur lequel l'Etat hébreu est lui aussi resté quasi-muet depuis septembre.

Selon la Maison Blanche, cette collaboration clandestine est "un élément dangereux et potentiellement déstabilisateur pour le monde" qui conforte les doutes sur les intentions réelles de Pyongyang, soupçonnée de ne pas vouloir faire toute la lumière sur ses activités nucléaires.

Des révélations qui pourraient donc saper les laborieuses négociations à six en cours pour tenter de sortir de l'impasse sur le dossier du nucléaire nord-coréen.

Si ces révélations suscitent l'inquiétude, et leur timing les interrogations, le plus furieux semble être le patron de l'AIEA, gendarme onusien de la prolifération nucléaire, contre des Etats-Unis accusés d'avoir manqué à leurs obligations de coopération. En outre, ElBaradei estime que "l'usage unilatéral de la force par Israël a mis à mal le processus nécessaire de vérification qui est au coeur du régime de la non-prolifération".

Le patron égyptien de l'AIEA et l'administration Bush se sont souvent retrouvés en porte-à-faux sur leur lecture de la menace nucléaire posée d'abord par l'Irak de Saddam Hussein, puis par l'Iran. Cette affaire syrienne ajoute un nouveau chapitre à cette méfiance réciproque. L'AIEA "traitera cette information avec le sérieux qu'elle mérite", poursuit cependant le communiqué.

A Washington, les responsables du renseignement américain qui ont été chargés de briefer la presse se disaient à peu près certains que Pyongyang a bien aidé la Syrie pour un programme nucléaire destiné à produire du plutonium. Il n'en tirent pas cependant la conclusion qu'il avait pour objectif la fabrication d'armes, en raison de l'absence d'usine de retraitement sur le site.

Il ne manquait que quelques semaines ou quelques mois au réacteur détruit pour être opérationnel. Mais la présence d'uranium, nécessaire pour alimenter le réacteur, n'a cependant pas pu être prouvée sur le site, semblable dans sa conception au réacteur nord-coréen de Yongbyon.

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