Corus Nouvelles, l'actualité en temps réel

Carte du site

Économie
Accueil / Économie

Le Canada évite de justesse une récession; le PIB prend 0,3 % au 2e trimestre

Économie | Vendredi 29 aoû 2008 | 12:29

Le Canada évite de justesse une récession; le PIB prend 0,3 % au 2e trimestre

» Options
» Taille du texte
Taille par defaut 12pt 14pt

Par Julian Beltrame, LA PRESSE CANADIENNE

OTTAWA - L'économie canadienne a crû d'un faible 0,3 % au deuxième trimestre sur une base annualisée, mais une révision des données sur le premier trimestre fait maintenant état d'une contraction de 0,8 %, ce qui confirme que l'économie a évité de justesse de glisser en récession.

Les données initiales de Statistique Canada sur le premier trimestre faisaient état d'un recul de 0,3 pour cent du produit intérieur brut (PIB). La révision annoncée vendredi démontre ainsi que l'hiver a été plus dur pour l'économie que ne l'avaient prédit la plupart des observateurs.


Malgré la faible reprise pour les mois d'avril à juin, le niveau de croissance de 0,3 pour cent reste bien en deçà des prévisions de progression de 0,8 pour cent mises de l'avant par la Banque du Canada. Dans les faits, l'économie a essentiellement retraité au cours des six premiers mois de 2008.


Plusieurs s'attendaient à de mauvaises nouvelles à propos du PIB - la plus large mesure de l'activité économique - et le ministre des Finances, Jim Flaherty, s'est adressé aux médias quelque 15 minutes après la publication du rapport pour assurer aux Canadiens que les données économiques fondamentales du pays restaient bien solides.


Mais Derek Holt, de Scotia Capitaux, estime que si le Canada a réussi à esquiver la récession en n'affichant pas deux trimestres consécutifs de contraction, c'est un exploit qui relève surtout d'une technicalité.


"L'élément important, ce n'est pas que nous avons évité une récession technique. Il faut bien comprendre que l'économie canadienne s'est contracté pendant la première moitié de 2008", a observé M. Holt.


"Encore plus important: elle s'est détériorée plus rapidement que la Banque du Canada ne l'avait prédit."


Selon lui, les mauvaises prévisions quant à l'état de l'économie ont été si importantes que le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, devrait réagir rapidement et réduire son taux d'intérêt directeur d'au moins un quart de point de pourcentage lors de sa réunion de la semaine prochaine, sinon possiblement d'un demi-point.


"Je crois que la banque a mal évalué l'équilibre des risques pendant l'été et il est temps de corriger une partie de cela", a-t-il ajouté.


"Toutes les catégories d'affaires ont reculé et se sont éloignées de la croissance (...) les structures résidentielles, les structures non résidentielles, la machinerie d'entreprise et l'équipement (...) et le niveau des dépenses est parmi les plus faibles que nous ayons eu depuis plusieurs années."


Sur une base trimestrielle, le PIB a progressé de 0,1 pour cent au deuxième trimestre de 2008, ce qui fait suite à une baisse de 0,2 pour cent au premier trimestre.


Le PIB a avancé de 0,1 pour cent en juin par rapport au mois de mai.


Même si la demande nationale continue de surpasser la croissance du PIB avec une hausse de 0,5 pour cent au plus récent trimestre, la demande étrangère pour les biens et services canadiens a enregistrée un quatrième déclin trimestriel consécutif.


La production des industries de services a affiché une croissance de 0,6 pour cent au deuxième trimestre, stimulée par les gains du secteur public, de la finance et de l'assurance, de l'hébergement, du commerce de détail et des transports.


"Un recul marqué s'est produit dans le secteur de l'énergie, en particulier dans la production de gaz naturel, et la contraction des activités de fabrication s'est poursuivie, bien qu'à un degré moindre que lors des trimestres précédents", a expliqué Statistique Canada.


Ces baisses ont eu pour effet de faire reculer d'un pour cent l'activité des industries productrices de biens.


Les dépenses des consommateurs ont progressé de 0,6 pour cent d'avril à juin.


Par ailleurs, les entreprises ont accru leurs stocks et réduit leurs dépenses en capital fixe.


Les bénéfices des entreprises ont grimpé de façon significative, principalement en raison des hausses marquées des prix, particulièrement du côté des produits de l'énergie.


L'excédent du commerce international, mesuré en valeurs nominales, s'est accru, les exportateurs ayant tiré profit des prix plus élevés des ressources naturelles.


Le volume des exportations de biens et services a chuté de 1,5 pour cent au deuxième trimestre, son quatrième déclin consécutif. Il est maintenant 4,7 pour cent inférieur à celui du deuxième trimestre de 2007.


La baisse des exportations survenue au deuxième trimestre de 2008 s'est étendue à l'ensemble des secteurs.


"Les ventes internationales de produits de la forêt, de machines et de matériel ainsi que de produits automobiles ont continué à chuter, ce qui reflète en partie le fléchissement des dépenses américaines liées à ces biens", a précisé l'agence gouvernementale.


"Le volume des exportations de produits de l'énergie a diminué de 3,7 pour cent, après avoir connu une forte progression au premier trimestre."


Le volume des importations de biens et services a avancé de 0,6 pour cent, après avoir retraité de 2,3 pour cent au premier trimestre.

Envoyer Envoyer Imprimer Imprimer