
Économie | Vendredi 29 fév 2008 | 18:25Le bénéfice diminue à la Royale, mais son patron reste optimiste |
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Par Romina Maurino, LA PRESSE CANADIENNE
TORONTO - La plus grande banque canadienne souffre du "lendemain de veille" de la crise des hypothèques à risque des Etats-Unis, a estimé vendredi le patron de la Banque Royale (TSX:RY), qui s'attend malgré tout à ce que l'horizon financier soit altéré de façon irrévocable lorsque le brouillard se lèvera finalement."Pour faire suite à la longue fête qui a vu beaucoup trop d'excès, nous vivons un long et pénible lendemain de veille", a illustré le chef de la direction Gordon Nixon lors de l'assemblée annuelle des actionnaires de la Banque Royale, qui a rapporté vendredi une chute de 17 pour cent de son bénéfice du premier trimestre en raison d'une importante dépréciation liée à la crise du crédit américaine.
"Après 30 ans dans ce milieu d'affaires, je peux vous dire que cette bulle a été, à plusieurs égards, différente de toutes les autres que j'ai vues", a poursuivi M. Nixon.
"Compte tenu de notre situation aujourd'hui, nous allons bien, mais beaucoup de choses vont dépendre de ce qui arrivera dans différents marchés dans l'avenir."
La Banque Royale a rompu avec la longue tradition voulant qu'elle hausse son dividende à tous les deux trimestres. Son dividende trimestriel est resté inchangé à 50 cents l'action pour le deuxième trimestre.
La banque a rapporté un bénéfice de 1,25 milliard $, soit 95 cents l'action, ce qui s'est avéré inférieur aux attentes des analystes. En comparaison, la Royale avait affiché un bénéfice de 1,49 milliard $, ou 1,14$ l'action, pour la même période un an plus tôt.
Les analystes sondés par la firme de recherche Thomson Financial tablaient en moyenne sur un bénéfice de 1,05 $ l'action avant éléments extraordinaires, à partir de revenus de 5,48 milliards $.
La division du courtage de valeurs mobilières a subi une dépréciation de 430 millions $ avant impôt et la Royale a estimé que la vigueur du dollar canadien avait grugé 45 millions $ à ses résultats.
Les revenus trimestriels ont cédé un pour cent pour se chiffrer à 5,65 milliards $ pour le trimestre terminé fin janvier, par rapport à 5,70 milliards $ un an auparavant.
M. Nixon n'a pas voulu commenter sur l'éventualité de nouvelles dépréciations pour les trimestres à venir, mais il a espéré un retour à la normal dans la dernière partie de l'année.
La patron de la Royale a indiqué qu'il aimerait bien voir les marchés se remettre de la crise du crédit d'ici la seconde moitié de 2008, ajoutant qu'il était optimiste quant à l'habileté de son institution à résister au ralentissement du crédit déclenché par l'écroulement du marché américain des hypothèques à risque.
Si d'autres faiblesses surviennent, a poursuivi M. Nixon, les banques centrales prendront des mesures préventives pour maintenir les marchés sur des bases solides.
"Cependant, lorsque la reprise prendra pied, je m'attends à ce que l'environnement soit significativement différent des marchés que nous connaissions avant la crise", a affirmé M. Nixon.
Le rendement sur l'avoir des actionnaires était de 21,4 pour cent au cours du plus récent trimestre, en baisse par rapport à 27,3 pour cent au premier trimestre de l'an dernier, qui avait profité d'un ajustement exceptionnel liés au secteur de l'assurance.
La provision pour pertes sur prêts a grimpé de 80 pour cent par rapport à l'année précédente, atteignant 293 millions $, contre 162 millions $.
Les activités canadiennes de banque au détail de la Royale ont vu leur profit faiblir mais à peine, de 1 pour cent en écart annuel à 762 millions $. Dans ce créneau, a signalé M. Nixon, la banque a encore progressé en termes de parts de marché, notamment avec les hypothèques résidentielles et les dépôts personnels.
Dans les activités bancaires à l'étranger, le profit est tombé de 54 pour cent à 31 millions $, suite à des provisions plus fortes que la Royale a dû inscrire pour couvrir les aléas de prêts à des constructeurs de maisons; la provision prise dans ce segment était de la même ampleur qu'au trimestre échu fin octobre.
L'action de la Banque Royale a reculé de 73 cents vendredi à la Bourse de Toronto, où elle a clôturé à 49,39 $.
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