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La BCE veille depuis 10 ans sur la deuxième économie mondiale

Photo: Jean-Claude Trichet parle aux médias en cette photo d'archives, le 1er décembre, 2005v à Francfort. ASSOCIATED PRESS/Michael Probst

International | Dimanche 01 jun 2008 | 21:01

La BCE veille depuis 10 ans sur la deuxième économie mondiale

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Par George Frey, ASSOCIATED PRESS

FRANCFORT - La Banque centrale européenne (BCE) passe lundi le cap des 10 printemps avec une solide réputation d'intransigeance en matière de taux d'intérêt mais aussi de rapidité d'intervention, comme elle l'a prouvé en injectant massivement des liquidités lors de la crise des emprunts immobiliers à risque.

L'institution de Francfort, en Allemagne, fait cependant face à son plus grand défi depuis sa création, avec des perspectives économiques particulièrement maussades pour la zone euro, accompagnées d'une poussée record de l'inflation.

En refusant obstinément de baisser les taux directeurs, la BCE et son président français Jean-Claude Trichet ont choisi de suivre une autre voie que celle empruntée par la Réserve fédérale américaine ou encore la Banque d'Angleterre.

Le Traité de Maastricht confiait comme tâche prioritaire à la BCE de lutter contre l'inflation. M. Trichet et les autres membres du conseil des gouverneurs se sont efforcés de ne pas dévier de cette ligne, en dépit de critiques les accusant de trop faire le jeu d'un euro fort et de porter préjudice aux exportations européennes.

"La stabilité des prix est essentielle, écrit le gardien du temple financier européen en préface du dernier bulletin mensuel de la banque. Non seulement parce qu'elle protège la valeurs des revenus de tous, et particulièrement des plus vulnérables et des plus pauvres de nos concitoyens, mais aussi parce qu'assurer des prix stables et être crédible à moyen terme est une des conditions nécessaires à la croissance et à la création d'emplois."

La BCE a maintenu son principal taux à 4 pour cent depuis juin 2007 pour combattre une inflation qui a atteint le niveau record de 3,6 pour cent en mars puis en mai, soit très au-dessus de son objectif de 2 pour cent.

De l'avis de Holger Schmieding, analyste de la Bank of America à Londres, la BCE est soumise à forte pression du fait de la flambée des prix du pétrole et du recul de la croissance. Mais elle a su s'écarter de sa stricte ligne anti-inflationniste pour injecter des liquidités au profit des banques.

"Elle n'a pas cédé à la panique en baissant ses taux et les données actuelles montrent qu'elle a eu raison, a-t-il observé. La banque est aujourd'hui à un niveau de taux neutre et peut sûrement rester ainsi un bon moment."

Créée le 1er juin 1998, même si son anniversaire officiel est célébré le 2 juin, la BCE a assuré le passage sans douleur à la monnaie unique que partagent désormais 15 pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, puis Grèce, Slovénie, Chypre et Malte), et bientôt 16 avec l'entrée prévue de la Slovaquie début 2009. L'euro a été lancé le 1er janvier 1999 sur les marchés financiers, les pièces et les billets n'apparaissant que trois ans plus tard.

Cette monnaie est à présent celle qu'utilisent 323 millions d'Européens représentant un PIB de plus de 4000 milliard d'euros.

Descendu dans un premier temps à un cours de 0,82 dollar en 2000, l'euro s'est bien repris depuis, trop bien peut-être puisque la crainte d'une récession aux Etats-Unis a fait plonger le billet vert face à la monnaie unique européenne. Au point de faire grimper l'euro à 1,55 dollar, son cours record de vendredi, qui handicape les exportations européennes tout en allégeant la facture pétrolière.

Face à l'inflation qui découle de la flambée des prix des aliments et des matières premières dans le monde, la très indépendante BCE préfère en appeler à des augmentations salariales plutôt que de toucher à ses taux. M. Trichet encourage également les pays de la zone euro à ouvrir leurs marchés nationaux pour stimuler la croissance.

Quant à l'euro, qui suscitait tant de doute il y a 10 ans, "il fonctionne très bien", a confirmé Michael Schubert, spécialiste de la BCE pour la Commerzbank à Francfort.

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