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La Banque Nationale ratera ses objectifs de croissance pour 2008

Économie | Jeudi 29 mai 2008 | 17:48

La Banque Nationale ratera ses objectifs de croissance pour 2008

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Par Sylvain Larocque, LA PRESSE CANADIENNE

MONTREAL - La crise du papier commercial adossé à des actifs (PCAA) et les turbulences des marchés financiers font en sorte que la Banque Nationale (TSX:NA) ne s'attend pas à atteindre ses objectifs de croissance en 2008.

"En raison des charges reliées au PCAA et de la situation des marchés, nous ne serons probablement pas en mesure d'atteindre la cible de croissance du bénéfice par action que nous avions précédemment annoncée, soit de trois à huit pour cent", a déclaré jeudi le président et chef de la direction de la Banque, Louis Vachon, lors de la téléconférence avec les analystes financiers pour commenter les résultats du deuxième trimestre.

Au cours de la période terminée le 30 avril, l'institution montréalaise a déclaré des profits nets de 165 millions $ (1 $ par action), en baisse de 29,2 pour cent par rapport aux 233 millions $ (1,44 $ par action) dégagés un an plus tôt.

Les résultats ont été grugés par une opération de couverture visant à protéger le portefeuille de PCAA de 1,7 milliard $ de la Banque de la détérioration des marchés. Or, la situation s'est rapidement résorbée après le rachat de la banque américaine Bear Sterns, en mars, et la Banque Nationale n'a eu d'autre choix que de se départir de sa couverture en y laissant 73 millions $ (49 millions $ après impôts, 31 cents par action).

"C'est une police d'assurance que nous avons prise", a expliqué M. Vachon.

Hormis cette perte, les coûts de financement du PCAA gelé et les honoraires professionnels liés à la restructuration de ce produit structuré, le bénéfice net de la Banque se serait élevé à 229 millions $ (1,41 $ par action). Les analystes sondés par Thomson Financial tablaient sur un bénéfice par action, hors éléments exceptionnels, de 1,32 $.

Affecté par la perte de couverture, le revenu total de la Banque a reculé de 13 pour cent au deuxième trimestre, s'établissant à 887 millions $.

Malgré tout, la Banque s'est réjouie de ne pas avoir à inscrire de nouvelle dépréciation de son PCAA. En novembre, elle avait dû radier 25 pour cent de la valeur de ces placements, soit 575 millions $.

Le rendement des capitaux propres, une mesure clé de la performance des banques, est passé de 20,3 pour cent l'an dernier à 14,3 pour cent cette année.

Le bénéfice net du secteur des particuliers et des entreprises a peu progressé au deuxième trimestre, s'élevant à 113 millions $, contre 112 millions $ il y a un an. Le revenu du secteur a progressé de deux pour cent.

Du côté de la gestion du patrimoine, qui comprend le courtage des valeurs mobilières pour les clients, le bénéfice net a été de 44 millions $, en légère baisse par rapport aux 45 millions $ dégagés l'année précédente. Enfin, le secteur des marchés financiers a vu son bénéfice net chuter de 10 pour cent pour se chiffrer à 80 millions $.

L'action de la Banque Nationale a gagné 68 cents pour clôturer à 53,08 $ à la Bourse de Toronto.

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