
Économie | Mercredi 20 aoû 2008 | 19:36BAA: la Caisse espère que les autorités britanniques reculeront |
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Par Sylvain Larocque, LA PRESSE CANADIENNE
MONTREAL - La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui détient 23,2 pour cent du capital-actions de la British Airports Authority (BAA), espère que la Commission britannique de la concurrence reviendra sur son intention de contraindre le gestionnaire à vendre trois des sept aéroports qu'il possède au Royaume-Uni."On pense que les problèmes de capacité dans les aéroports au Royaume-Uni, ce n'est pas une question de l'actionnariat et de la propriété des aéroports", a déclaré mercredi un porte-parole de la Caisse, Mark Boutet, au cours d'un entretien téléphonique.
"BAA va donc continuer de faire valoir ses arguments auprès des autorités", a-t-il précisé. La Caisse compte trois représentants parmi les 12 membres du conseil d'administration de BAA.
Dans une décision provisoire rendue publique mercredi, la Commission juge que le gestionnaire occupe une position trop dominante sur le marché des aéroports britanniques et doit par conséquent se départir de deux de ses trois aéroports londoniens ainsi que de l'un de ses aéroports écossais.
BAA a d'ores et déjà fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention de céder Londres-Heathrow, le plus important de l'archipel britannique.
Mercredi, réagissant plus directement au rapport de la Commission de la concurrence, BAA a indiqué qu'en demandant non seulement une telle restructuration de ses activités, mais aussi une révision du Livre blanc du gouvernement britannique sur le transport aérien, la Commission risquait de susciter des délais dans la mise en place de nouvelles capacités aéroportuaires, qu'elle juge elle-même urgente.
BAA dit en outre avoir l'intention de demander à Londres de quelle manière ce rapport peut être compatible avec sa politique en matière de transport aérien, établie en 2003, et avec la révision en cours de l'encadrement réglementaire économique.
La Commission fera connaître sa décision finale en avril prochain.
D'ici là, BAA entend continuer de souligner à la Commission les éléments de son analyse qu'elle juge "défaillants", tout en faisant valoir que les solutions avancées sont "disproportionnées et contre-productives", a précisé le grand patron de BAA, Colin Matthews.
Quoi qu'il en soit, la Caisse assure que les péripéties de BAA ne l'inquiètent pas.
"On pense que le secteur des aéroports, c'est un secteur qui est très très porteur et on est confiant que notre investissement dans BAA est un bon placement", a affirmé M. Boutet.
Les démarches de la Commission de la concurrence font suite aux nombreux problèmes qui affligent BAA depuis quelques années: retards, manque de capacité, ouverture chaotique du nouveau Terminal 5, service à la clientèle déficient.
Mardi, on apprenait qu'Exportation et Développement Canada (EDC) avait prêté 136 millions de livres (270 millions $) à BAA dans le cadre du refinancement de sa dette à long terme, afin d'appuyer la Caisse de dépôt et son investissement dans cette entreprise.
Le prêt de 136 millions de livres fait partie d'un montant total de 255 millions de livres visant à financer les dépenses en immobilisation de BAA et à renflouer son fonds de roulement. La transaction s'inscrit dans le refinancement de la dette à long terme des aéroports britanniques de BAA, qui s'élève à 13,3 milliards de livres (26,3 milliards $).
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