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International | Mardi 27 mai 2008 | 09:48L'Assemblée constituante prête serment au Népal |
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Par Binaj Gurubacharya, THE ASSOCIATED PRESS
KATMANDOU - Katmandou était sous haute sécurité mardi, jour où l'Assemblée constituante népalaise a prêté serment. Elle devrait, dès sa première réunion mercredi, abolir la monarchie en vigueur depuis 239 ans et instaurer la république dans le petit royaume himalayen. Les anciens rebelles (Parti communiste maoïste) détiennent le plus grand nombre de sièges dans cette assemblée élue en avril, qui sera chargée de redéfinir les institutions du pays et confirmer la transition à une démocratie apaisée après la fin de la guerre civile en 2006.
Dix mille policiers étaient déployés dans la capitale, et les manifestations interdites. Malgré cela, mardi, un attentat a fait un blessé dans un parc au centre de la capitale. La veille, deux petites bombes avaient explosé devant le centre de conventions où devait se dérouler la prestation de serment, une autre devant le domicile d'un militant anti-monarchiste.
Ces attentats mettent l'accent sur le défi qui attend les 575 députés, chargés de mettre en musique le retour à la paix: car la violence politique et les querelles persistent malgré le processus de paix qui a ramené il y a deux ans les ex-rebelles maoïstes dans le giron de la vie politique.
L'Assemblée constituante devrait dès mercredi prendre une première mesure forte: déclarer la république et abolir la monarchie, qui date de 1769, lorsqu'un prince régional kha conquit Katmandou, fonda la dynastie actuelle et unifia la mosaïque ethnique qu'est le Népal.
"Une république sera déclarée demain", a lancé Baburam Bhattarai, numéro deux des Maoïstes, à l'issue de la prestation de serment.
A ce jour, le roi Gyanendra a refusé les appels à quitter son palais avant l'abolition officielle de la monarchie. "Il n'a pas le choix, mais s'il refuse de quitter le palais, nous aurons recours à la loi pour l'y obliger", a ajouté Bhattarai.
Si ce départ se déroule paisiblement, le roi devrait pouvoir rester vivre dans la luxueuse résidence de Katmandou qu'il occupait avant de monter sur le trône en 2001: il avait accédé au pouvoir après un massacre au palais royal, au cours duquel le roi Birendra et une bonne partie de la famille royale avait été assassinée, officiellement par le prince héritier qui s'est ensuite donné la mort. Frère aîné du monarque assassiné, Gyanendra avait pris la succession.
Déjà mal-aimé, il devint rapidement extrêmement impopulaire, limogeant le gouvernement civil en 2005, suspendant les libertés et le parlement et assumant les pleins pouvoirs, au motif que la mesure était nécessaire pour écraser la rébellion maoïste.
Un an plus tard, l'insurrection s'intensifiait, l'économie s'effondrait, et le roi était contraint, sous la pression de la grève générale et des manifestants descendus en masse dans les rues, de restaurer la vie démocratique.
Il a depuis été dépouillé du commandement de l'armée et de toutes ses autres prérogatives, son effigie a quitté les murs des échoppes et la monnaie népalaise, toute référence au roi a disparu de l'hymne national, du nom de l'armée et de la compagnie aérienne népalaise.
Avant même leur prestation de serment, les trois principaux partis du pays, l'ex-rébellion, mais aussi le Congrès népalais et le Parti communiste (unifié marxiste-léniniste) se sont mis d'accord pour qu'un président remplace le roi, mais que le Premier ministre garde l'essentiel du pouvoir exécutif.
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