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L'armée russe tarde à se retirer de Géorgie

Photo: ASSOCIATED PRESS/Sergei Grits

International | Mercredi 20 aoû 2008 | 15:45

L'armée russe tarde à se retirer de Géorgie

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Par Christopher Torchia, ASSOCIATED PRESS

IGOETI, Géorgie - Le retrait russe de Géorgie promis pour vendredi par le président Dimitri Medvedev n'en était encore qu'à ses balbutiements mercredi. Au lieu de se replier, l'armée russe a annoncé la construction d'un réseau de check-points dans la "zone de sécurité" le long de l'Ossétie du Sud.

Le général Anatoli Nogovitsine, numéro deux de l'état-major russe, a expliqué que cette ligne serait doublement fortifiée, avec 18 barrages et environ 270 soldats sur la ligne de front, et qu'elle s'étendrait à 40km de la ville stratégique de Gori.


Or, le cessez-le-feu conclu entre la Géorgie et la Russie autorise Moscou à maintenir des troupes dans une zone s'étirant sur sept kilomètres à l'intérieur du territoire géorgien le long de la frontière avec l'Ossétie du Sud.


Sur le terrain, le seul mouvement de retrait signalé à ce jour était le repli d'une partie du contingent russe qui tenait Gori, à 40km encore plus à l'ouest d'Igoeti (50km à l'ouest de Tbilissi). A Gori, aucun soldat ni char russe n'était visible en début de soirée sur des positions stratégiques telles que les ponts, ni sur les carrefours qui étaient encore bloqués par des militaires dans la matinée. L'équipement lourd russe installé dans les faubourgs est de la ville avaient également été retirés.


A Igoeti, ville la plus proche de la capitale Tbilissi où l'armée russe a maintenu une présence significative, les soldats construisaient mercredi un poste sentinelle et semblaient loin de se préparer à un repli.


Aux Etats-Unis, le porte-parole du Conseil pour la sécurité nationale Gordon Johndroe a déclaré que Washington constatait les "premiers signes de retrait" russe en Géorgie. Toutefois, le rythme du retrait "doit augmenter et le plus tôt sera le mieux", a-t-il estimé.


Alors que le retrait russe tardait à se matérialiser, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a dépêché une première mission en Ossétie du Sud depuis le début des combats dans la province séparatiste il y a près de deux semaines.


Une équipe de 17 employés du CICR est arrivée mercredi soir dans la capitale de la province, Tskhinvali, après avoir reçu le feu vert des autorités locales, au terme d'un voyage de six heures, a indiqué la porte-parole du CICR Anna Nelson.


Aucune précision sur la situation à Tskhinvali n'a été apportée. L'une des premières missions de la mission sera de déterminer les besoins des populations les plus touchées par la crise, a expliqué mercredi le président de la Croix-Rouge internationale Jakob Kellenberger.


La ville de Tskhinvali a été le théâtre de certains des affrontements les plus violents entre l'armée géorgienne et les séparatistes, appuyés par les soldats russes. Elle est actuellement sous contrôle de l'armée russe. Le président du CICR a fait savoir que son personnel ouvrirait un bureau dans la ville géorgienne de Gori, où des employés de la Croix-Rouge travaillent depuis une semaine.


Par ailleurs, la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a commencé à examiner les preuves d'éventuels crimes de guerre commis pendant le conflit entre la Russie et la Géorgie, a annoncé mercredi Luis Moreno Ocampo, procureur de la CPI. "Mon bureau prend en compte avec attention toutes les informations liées à d'éventuels crimes dans le cadre de sa juridiction (...) quels que soient les individus ou les groupes qui auraient commis ces crimes", a-t-il indiqué dans un communiqué.

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