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L'Afghanistan exige une évaluation de la présence des troupes étrangères

International | Mardi 26 aoû 2008 | 07:33

L'Afghanistan exige une évaluation de la présence des troupes étrangères

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Fisnik Abrashi, THE ASSOCIATED PRESS

KABOUL - Le gouvernement du président Hamid Karzaï a exigé mardi une évaluation de la présence des troupes étrangères en Afghanistan et de leur recours à des frappes aériennes dans des secteurs civils, après la mort vendredi d'au moins 89 civils dans des combats, selon les autorités afghanes. L'ONU confirme un lourd bilan civil.

La mission des Nations unies en Afghanistan a confirmé dans un communiqué que sa propre enquête avait «mis au jour des indices convaincants, fondés sur le témoignage de témoins oculaires ou non, de la mort de quelque 90 civils, dont 60 enfants et 15 femmes». "Quinze autres villageois ont été blessés."

Les troupes de la coalition conduite par les Etats-Unis estiment que 25 insurgés, dont un commandant taliban, et cinq civils ont été tués dans le raid de vendredi contre le village d'Azizabad, dans la province d'Herat. La coalition avait fait état de 30 djihadistes morts dans un premier temps.

Dans un communiqué plutôt musclé, le gouvernement a ordonné à ses ministères des Affaires étrangères et de la Défense d'évaluer les présences militaires étrangères, réguler cette présence par l'adoption d'un accord sur leur statut et négocier une possible fin des frappes aériennes dans les zones civiles, des fouilles non coordonnées des maisons et des détentions illégales de civils afghans.

Début juillet, 47 personnes se rendant à une fête de mariage avaient été tuées par une frappe aérienne américaine dans la province du Nouristan.

Le communiqué de Kaboul vise les deux forces internationales opérant sur le territoire afghan: la coalition conduite par les Etats-Unis chargée spécialement des opérations antiterroristes et de l'entraînement de l'armée et de la police afghanes (Liberté immuable), et la force de l'OTAN sous mandat de l'ONU (ISAF) chargée de la sécurité dans ce pays ravagé par la guerre.

La présidence française de l'Union européenne a exprimé mardi sa "consternation devant la mort de très nombreux civils, en majorité des femmes et des enfants lors du bombardement du 22 août dans l'ouest de l'Afghanistan. Elle a présenté ses plus sincères condoléances» aux familles et proches des victimes. Des enquêtes ont été ouvertes par les responsables afghans et par ceux de l'opération 'Liberté immuable', précise la PFUE dans un communiqué.

Aux Etats-Unis, le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Fratto, a affirmé lundi soir que les Etats-Unis partageaient les préoccupations de Kaboul au sujet des morts civiles et qu'une enquête était en cours. Le président Karzaï a renvoyé deux officiers de l'armée afghane après l'opération meurtrière, réalisée sous commandement américain.

Les forces de l'OTAN en Afghanistan «prennent toutes les précautions pour éviter d'innocentes victimes civiles», a ajouté M. Fratto, disant ne pas connaître le nombre exact de civils tués.

Le capitaine Mike Windsor, porte-parole de l'ISAF, a affirmé ne pas avoir été officiellement informé» de l'évaluation ordonnée par Kaboul mais a souligné que «la mission (de l'ISAF) relève d'un mandat de l'ONU et est menée à l'invitation du gouvernement afghan.

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