National
17 juin 2008
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L'enquête, portant sur plus de 3200 incidents au cours desquels des agents de la GRC ont employé la puissante arme électronique, a révélé que plus de 28 pour cent des personnes ayant reçu une décharge ont été examinées par du personnel médical après coup.
La mort, l'an dernier, de Robert Dziekanski, qui avait reçu deux décharges de Taser à l'Aéroport international de Vancouver et dont les derniers moments ont été filmés sur une vidéo largement diffusée, a déclenché un débat sur la sécurité de l'arme utilisée par de nombreux services de police au Canada, qui la présentent comme une option de rechange sûre aux armes à feu conventionnelles.
Des 3226 personnes ayant reçu une décharge de Taser de 2002 jusqu'à l'an dernier, 910 ont été examinées dans un hôpital ou une clinique. Les données révèlent aussi que dans près de la moitié des cas, les agents de la GRC ont infligé plus d'une décharge à la même personne, en dépit d'une politique interne soulignant que des décharges répétées peuvent s'avérer dangereuses.
Ces données ont été compilées à partir d'une analyse des formulaires que les policiers de la GRC doivent remplir chaque fois qu'ils utilisent le Taser. Des milliers de pages, censurées, ont été obtenues grâce à la Loi sur l'accès à l'information. Le secret entourant la nature et la gravité des blessures causées par le pistolet électronique ne permet pas d'avoir un portrait précis des coupures, brûlures, blessures à la tête ou autres subies par les victimes du Taser.
Paul Kennedy, qui dirige la Commission des plaintes du public contre la GRC, dévoile ce mercredi un rapport où il pourrait réitérer sa recommandation antérieure en faveur de contrôles plus stricts sur l'usage du Taser au sein de la GRC. Mardi, M. Kennedy a rencontré le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, qui lui avait demandé le rapport l'an dernier, afin de discuter de ses conclusions.
La GRC s'est refusée à discuter de son utilisation du Taser tant que le rapport de M. Kennedy n'aura pas été rendu public.
Plus tôt cette année, la GRC a décidé de cesser de dévoiler les détails des blessures subies par les personnes visées par le Taser, en invoquant la protection de la vie privée et la confidentialité des enquêtes. Mais des rapports dévoilés auparavant, et portant sur la période de 2002 à 2005, donnent un aperçu des cas de blessures - une vingtaine, pour la plupart des brûlures - causées par le Taser. Dans plusieurs cas, la personne touchée n'avait pas été emmenée à l'hôpital.