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16 juin 2008

National | Lundi 16 jun 2008 | 17:34

Jean Charest veut saborder la loi sur le déficit zéro, pense Dumont

Par Martin Ouellet, LA PRESSE CANADIENNE

QUEBEC - Le premier ministre Jean Charest veut saborder la loi sur le déficit zéro et rouvrir toutes grandes les valves de l'endettement, pense le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont.

Le leader de l'ADQ tire cette conclusion à la lumière des propos tenus par M. Charest en fin de semaine dernière dans une entrevue à La Presse Canadienne.

Le premier ministre a affirmé, depuis Savannah en Géorgie où il participe à une rencontre canado-américaine, qu'il était impossible d'investir dans les infrastructures sans accroître la dette publique.

Plus encore, en voulant mettre un frein à l'endettement, Mario Dumont met en péril l'entretien des routes et même les soins de santé, a accusé le premier ministre.

"Si l'endettement était un cage d'un bon entretien routier, nous roulerions sur des routes dorées au Québec. Nous sommes les plus endettés en Amérique du Nord et pourtant nous avons les pires routes", a rétorqué le leader de l'ADQ, lundi, au cours d'un entretien téléphonique.

Or, un gouvernement discipliné qui tient fermement les cordons de la bourse et évite de pelleter les factures par devant ne laisse ni les services ni les insfrastructures de l'Etat se détériorer, a-t-il fait valoir.

En évoquant publiquement la nécessité d'alourdir la dette publique, le premier ministre rompt avec un grand consensus social, a poursuivi M. Dumont.

"C'est la première fois depuis des années qu'un premier ministre du Québec reprend le bâton du pélerin pour soutenir que l'endettement est une bonne chose", a-t-dit.

Aux yeux du chef adéquiste, la seule conclusion qui s'impose est que le premier ministre ne croit plus à la loi sur l'équilibre budgétaire.

"On se rend compte, avec ses propos, qu'il a l'intention de recommencer à emprunter et cela de façon importante", a estimé le chef de l'opposition.

Adoptée en 1996 sous le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard, la loi sur le déficit zéro est respectée année après année, grâce à une "comptabilité créative".

Mais en appliquant les méthodes standards - les principes comptables généralement reconnus (PCGR) - le portrait est nettement moins avantageux. Selon un rapport spécial du Vérificateur général Renaud Lachance, remis la semaine dernière à l'Assemblée nationale, le Québec accuse un déficit cumulé de 5,8 milliards $.

Devant des jeunes militants, samedi, le chef de l'ADQ s'est engagé à corriger la trajectoire et respecter, une fois porté au pouvoir, "une vraie politique d'arrêt de l'endettement".