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04 juin 2008

National | Mercredi 04 jun 2008 | 21:50

Comité d'éthique des Communes: Mulroney cherche à gagner du temps

LA PRESSE CANADIENNE

OTTAWA - Brian Mulroney continue d'essayer de gagner du temps, alors que les députés d'opposition lui demandent de revenir répondre à d'autres questions du comité des Communes sur l'éthique, au sujet de ses transactions avec le lobbyiste et marchand d'armes Karlheinz Schreiber.

Dans un bref message envoyé au comité, mercredi, les avocats de l'ex-premier ministre conservateur ne disent ni oui, ni non à un retour de M. Mulroney devant les parlementaires. Ils demandent plutôt à savoir quels sujets les députés voudraient-ils aborder qui n'auraient pas déjà été couverts par M. Mulroney et d'autres témoins.

Le président du comité, le libéral Paul Szabo, a affirmé ne pas avoir encore vu la lettre mercredi, mais il a manifesté une certaine irritation quand un journaliste l'a informé de son contenu. Selon lui, il est évident que le comité veut que M. Mulroney fournisse davantage de détails sur ses démarches de lobbying pour le compte de M. Schreiber. Le comité voudrait aussi fouiller davantage les contradictions entre les versions des deux hommes.

D'autre part, a-t-il ajouté, chacun des membres du comité a le droit de poser les questions qu'il veut, et lui-même ne peut prévoir l'allure que prendrait l'audience. M. Szabo a cependant pris soin de ne pas fermer la porte à d'autres négociations avec M. Mulroney.

M. Mulroney a témoigné à la fin de l'an dernier devant le comité, mais a refusé une invitation à revenir ce printemps. Bien que le comité ait le pouvoir de le citer à comparaître, les députés répugnent à le faire. Ils ont plutôt remis un rapport abrégé pressant le premier ministre Stephen Harper de tenir sa promesse, fait en novembre dernier, d'instituer une enquête publique sur cette affaire.

Impatientés par ce long délai, des députés libéraux, néo-démocrates et bloquistes ont finalement utilisé leur majorité au comité sur l'éthique pour faire passer, la semaine dernière, une nouvelle motion réclamant que M. Mulroney se présente à nouveau devant eux d'ici le 12 juin. Ils ont laissé entendre qu'ils retireraient leur demande si M. Harper annonçait l'enquête publique promise.

M. Mulroney a reconnu avoir accepté 225 000 $ comptant de M. Schreiber, après son départ de la politique, pour promouvoir un projet de construction de blindés légers au Canada auprès de leaders de pays étrangers. M. Schreiber affirme que la somme versée était de 300 000 $ et que M. Mulroney devait plutôt faire du lobbying auprès du gouvernement canadien.